mardi 21 août 2007

Publication rétroactive le 03 avril 2026

 Publié le 03 avril 2026 - Texte exhumé dans mes archives textes

À l’instant, j’ai ôtée ma carte WiFi de mon ordinateur. Je suis allée la poser sur le bureau marron, loin de moi, loin de mon bureau, dans la salle de séjour. Sans doute est ce une mesure un peu excessive. Mais Alain vient de partir à la Poste, poster une lettre, en me le disant à peine, sans me donner le moindre baiser. Une attitude inhabituelle, qui m’a blessée et m’a fait reprendre conscience de mon amour pour lui.

Je l’ai blessé lui et je sais parfaitement comment, même si je n’en avais pas du tout l’intention. Je lui ai dis qu’il était excitant de penser que je le trompais avec un couple. Ce qui n’est pas tout à fait exact. Il est excitant, pour moi, de m’imaginer en train de faire l’amour avec un couple. Pas forcément un autre couple.

J’étais en plein dialogue sur Windows Messenger, avec un homme, Jean Jacques, utilisant le pseudo « Loulou » d’une femme contactée sur un site réservé aux lesbiennes. La personne que j’avais en face de moi avait l’air sincère et moi, peut être trop crédule. J’ai défendu ce correspondant face à Alain qui trouvait ce contact louche. Ça a sans doute commencé à l’énerver. Comme pour aggraver la situation, je lui ai lus quelques échanges, racontées quelques phrases. Et j’ai eut la bêtise de lui dire cette chose, qui, maintenant, me fait horreur quand j’y repense, et ne m’excite plus du tout.

Je me sens très mal.

Comment puis-je être aussi bête ? Je continue encore parfois à agir comme une petite fille gâtée et capricieuse, comme une célibataire dont seuls les désirs comptent. Je lui parle de me doutes, de mes angoisses, de mes peurs, mais j’agis comme si je ne prenais pas en compte les siennes.

Je me suis coupée du monde, ce matin. Pour retourner avec lui. Pour retourner à lui. Mais je ne sais plus comment faire, comment aller le voir. Je ne crois pas qu’il ai vue la carte réseau, sur son bureau. Je ne crois pas qu’il se soit rendu compte que ces mots que je tape en cet instant, je ne les envoie à personne sinon à moi-même. Je ne crois pas qu’il se doute que je suis en train de m’adonner à cette pratique si souvent répétée, d’auto flagellation, d’autopunition. Le sentir si loin de moins, tout soudainement, n’est pas assez. Non, il me faut comprendre, impérativement, pourquoi je suis descendu si bas.

Internet est une malédiction. Jamais il n’aurait du m’offrir cette satanée carte. Depuis le mois d’avril, je n’ai fais que ça, encore et encore. Aller sur Internet.

D’abord sur Supertoinette, où je perdais totalement le goût de réviser, puis sur Fantasmez et msn et pour finir LpourL, Mytilene et Brut. Je me suis éloignée de lui. Nous n’avons rien partagé, rien fait ensemble. Je me demande si nous sommes vraiment un couple, en ce moment. J’ai voulu m’essayer à la drague, mais je ne suis décidément pas faite pour cela.

Je voudrais réparer, mais je ne sais pas comment. Alors je me puni, je me coupe les ailes, pour essayer de reconstruire autre chose. Juste nous deux, puisque c’est ça qu’il semble attendre. Coquine avec lui, rien que lui. Parce que c’est lui que j’aime et que le reste je m’en fous, parce que lui, je ne veux pas le perdre. Tout perdre sauf lui.

Il est dans la cuisine. J’ai faim et je dois préparer à déjeuner. Mais l’idée de l’affronter, d’être confrontée à sa soudaine froideur, à sa colère, ça me glace le sang. Je n’arrive pas à bouger de ma chaise.

Il faut bien, pourtant.

Dans ma recherche de plaisirs, j’ai fini par oublier que je suis heureuse avec Alain et que je n’ai pas besoin de chercher le plaisir ailleurs. Je suis heureuse avec lui. Et il n’y a vraiment que moi et mon égoïsme, mon égocentrisme, pour aller foutre en l’air tout ça. Pour aller briser en petits morceaux la confiance qu’il a pu mettre en moi.

Tu parles, moi et mes beaux discours sur la confiance, la fidélité. Ils viennent d’en prendre un coup !!! J’étais tellement captivée par mon excitation que je n’ai même pas vu qu’il voulait que je lâche la chose. Mais pourquoi ne pas l’avoir dit clairement ? Parce que je ne l’aurais pas écouté, sans doute.

J’ai désinstallé Windows Live de mon ordinateur. Je n’en veux plus. Plus jamais. J’ai supprimées toutes les photos de moi, aussi.

Maintenant je vais ranger, sans manger, puisqu’il ne veut pas manger et que je ne veux pas manger sans lui. Je vais ranger, faire le ménage, plier, repasser, repriser. Et quand j’aurais fais tout ça, peut être que je ferais encore le ménage, dans la salle de bain, les toilettes. Puis je travaillerais. Et puisqu’il ne veut plus parler avec moi, je me tairais. C’est tout. Et j’essayerais de ne pas pleurer. Tout en ne m’en cachant pas. Parce que le cacher, ce serait dire que je ne ressens rien. Or je me déteste et je voudrais mourir. Mais mourir, ça serait lui faire encore plus de mal alors je continue, pour réparer du mieux que je peux.

Mes fantasmes de trio sont partis d’un seul coup. Il ne reste rien que lui. Rien d’autre. Je n’ai envie de rien d’autre qu’une vie tranquille à ses cotés. Voilà mon plus grand fantasme. Et personne à qui le dire.