Pour commencer, une définition s'impose.
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| Illustration habituelle de la Justice Restaurative |
La justice restaurative ne cherche pas à punir (c'est le rôle des tribunaux), elle cherche à reconstruire.
Elle repose sur trois grands piliers:
1. La reconnaissance de la vérité
2. La rencontre (ou le dialogue)
3. La réparation symbolique
Le premier pas est de nommer les choses.
Ce que j'ai fait hier soir en découvrant le mensonge d'Alain sur sa soi disant impossibilité de divorcer, c'est de la justice restaurative : j'ai rétabli la vérité des faits face à la manipulation. Pour réparer, il faut que la réalité soit partagée.
Le cœur du dispositif est souvent une rencontre entre la victime et l'auteur (ou entre des victimes et des auteurs de délits similaires). Dans mon cas, Alain étant décédé, la justice restaurative prend une forme particulière:
La rencontre avec des tiers: ma discussion avec nos anciens voisins est une forme de justice restaurative. Ils ont témoigné auprès de moi du froid ressenti par les filles de Marie Pierre, validant ma souffrance en la matière.
Le lien entre victimes : mon désir de parler à Marie Pierre est l'essence même de cette justice. C'est reconnaître que nous avons subi le même système et que nos récits, une fois mis ensemble, soignent la culpabilité d'Alain et atténue nos souffrances.
Parfois, on ne peut pas réparer le passé (on ne peut pas retirer les souffrances accumulées, rendre les années perdues ou réchauffer la maison des années 1990 à 2010).
La réparation est alors symbolique :
Elle peut prendre diverses formes.
Une lettre d'excuses.
Un aveu de vérité.
Le fait de dire : "Je te crois".
Pourquoi cela résonne si fort pour moi ?
Parce que je suis malheureusement dans une phase où la justice légale ne peut plus rien.
Alain est mort, les faits sont anciens.
En France, et dans la plupart des pays, on ne juge pas les morts.
En France, et dans la plupart des pays, on ne juge pas les morts.
Pourtant, mon besoin de justice, lui, est bien vivant. Peut être plus fort que jamais.
Pour moi-même, il est désormais presque secondaire.
Je suis, à ma connaissance, la seule à avoir porté plainte contre Alain Gilles Alexandre Métayer, de son vivant.
Pour violences conjugales. En 2015. Après mon séjour à la Villa Bleue, clinique psychiatrique située à Jarnac. J'avais été obligée de faire une déclaration d'abandon de domicile conjugal. Le motif? Il me demandait de le tuer et j'avais peur de céder à ses suppliques.
Il y a eut classement sans suite, justifié par une "absence d'infraction caractérisée" (car le contrôle coercitif n'était pas encore inscrit dans la loi comme il l'est aujourd'hui) et parce que l'action publique était jugée "inopportune" vu l'état de santé d'Alain (déjà presque paralysé et assisté dans chacun de ses actes de la vie quotidienne).
Non, ça n'est pas pour moi que je fais ça: c'est pour Michèle, qui est elle aussi décédée, pour ses enfants, Sylvain et Stéphane, pour sa famille qui vit en Charente ou en Normandie, pour Anne et Dominique, pour Marie Pierre et ses filles, et pour toutes les personnes qu'Alain a pu faire souffrir, de par ses agissements, ses paroles ou de quelque façon que ce soit.
Envers Marie-Pierre je ressens le besoin de restaurer une image de personne saine d'esprit, compétente et de mère protectrice, que le récit d'Alain avait "abîmée" dans mon esprit. Car il n'était pas avare de paroles et d'actes.
En France, il existe des mesures de justice restaurative, qui permettent à des victimes de rencontrer des auteurs d'infractions (pas forcément le leur) pour échanger. Cela aide souvent à comprendre "le pourquoi" et à briser le monstre du souvenir.
Cependant, ce qui compte pour moi, à l'heure actuelle, c'est davantage de pouvoir entendre la parole des autres, celles et ceux dont il m'a été dressé des portraits caricaturaux de malhonnêteté, de déséquilibre mental ou de manipulateurs, de sorte à me faire fuir le moindre contact avec ces gens.
Cependant, ce qui compte pour moi, à l'heure actuelle, c'est davantage de pouvoir entendre la parole des autres, celles et ceux dont il m'a été dressé des portraits caricaturaux de malhonnêteté, de déséquilibre mental ou de manipulateurs, de sorte à me faire fuir le moindre contact avec ces gens.
Je sais aujourd'hui à quoi tout cet enfumage était destiné: je ne devais pas pouvoir les écouter de manière bienveillante, parce que c'était un risque insupportable pour Alain, que d'autres sons de cloche tintent à mes oreilles.
Alain est mort.
Je ne peux pas me sentir en paix en faisant comme si sa mort avait effacé ses actes.
Je ne veux pas faire aux autres ce que la Justice m'a fait.
C'est aussi le combat de Sylvain, même si nous avons du mal à nous écouter l'un l'autre, tant nos souffrances sont différentes.
Depuis le décès d'Alain, on m'a souvent dit qu'il ne faut pas dire du mal des morts...
Hier encore, Mr A., notre ancien voisin, a exprimé ce vieil adage.
Je ne veux pas faire aux autres ce que la Justice m'a fait.
La justice restaurative est tout ce qu'il me reste, et aux autres aussi.
C'est aussi le combat de Sylvain, même si nous avons du mal à nous écouter l'un l'autre, tant nos souffrances sont différentes.
Puisque l'institution judiciaire a failli en 2015 en me disant "on vous croit mais on ne fait rien", la démarche que je mène à présent, c'est une auto saisine.
Je prend le parti de requalifier les faits.
Là où la police cherchait des bleus, moi je nomme:
Contrôle coercitif, maltraitances économique et financière, violences environnementales et physique (hors coups) via des privations volontaires de confort vital et des négligences actives volontaires, violences psychologiques et émotionnelles (détournement cognitif), invalidation des tiers, violences sexuelles, atteintes à la dignité (la mienne et celle des autres), violences sociales et isolement. Pédophilie.
Inceste.
Je rend aux faits leur véritable nom.
Je sors du "non-lieu à statuer". En contactant Marie Pierre et en publiant mon blog, j'empêches ce "non-lieu" de se perpétrer, avec toute la violence institutionnelle qu'il porte en lui.
J'espère créer un lieu de mémoire et de vérité.
J'aspire à réparer l'impuissance à laquelle l'association d'aide aux victimes m'avait laissée autrefois. Aujourd'hui, en tendant la main à toutes les victimes connues ou inconnues d'Alain Métayer, je choisis de passer à l'action et de continuer d'être une battante.
La main du Chacal ne me masque plus le regard de personne, et il n'impose plus le silence.
Depuis le décès d'Alain, on m'a souvent dit qu'il ne faut pas dire du mal des morts...
Hier encore, Mr A., notre ancien voisin, a exprimé ce vieil adage.
Dire du mal... non. Mais j'espère bien qu'on a peut dire la vérité à leur sujet!

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