mercredi 18 mars 2026

Une demande un peu particulière

Objet: Mémoire d'une ancienne occupante

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous adresser ce courrier car j'ai vécu à cette même adresse, entre 2004 et 2011.

Cette maison occupe une place très particulière, et parfois pesante, dans ma mémoire. Pour des raisons qui me sont propres, liées à un long travail de reconstruction personnelle, j'ai aujourd'hui besoin de voir ce que ce lieu est devenu. Mon esprit est resté "fixé" sur des images de l'époque (les tomettes hexagonales, l'isolation ancienne, les volets clos) qui ne correspondent plus à la réalité d'aujourd'hui.

Je ne souhaite aucunement déranger votre intimité. Mon souhait serait simplement, si vous l'acceptiez, de pouvoir passer un court moment à voir comment vous avez transformé et fait vivre cette maison. Voir des couleurs, de la lumière et de la vie là où je n'ai connu que le froid et le silence m'aiderait énormément à "mettre à jour" mes souvenirs et à apaiser des cauchemars récurrents.

Si vous êtes ouverts à cette démarche, je serais ravie d'en discuter avec vous, à votre convenance. Si cela vous semble trop délicat, je respecterai bien entendu votre refus.

Dans l'attente de vous lire, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Par soucis de facilité, vous pouvez me contacter à...



Il faisait beau ce soir, et ma crise fibromyalgique était passée...
J'ai enfilé un pantalon confortable et mon chemisier préféré, celui avec les fleurs et les oiseaux, et je suis allée en voiture rue Pierre Loti. Je ne me sus pas garée en face. J'ai fais demi-tour et ai préféré stationner en face du chemin menant à une entreprise du bâtiment.
Le cœur battant la chamade, j'ai essayé de voir s'il y avait une boite à lettres normalisée, ou seulement la seule fente dans le muret. Une dame arrivait à pied, avec un petit chien. Elle m'a saluée au moment où je glissait l'enveloppe dans l'ouverture ménagée dans la pierre. En me tournant, je l'a saluée cordialement, reconnaissant mon ancienne voisine. Elle m'a reconnue également, et m'a proposé d'entrer discuter un peu avec son mari.
J'ai expliqué un peu pourquoi j'avais besoin de revenir dans cette maison, là, en face. Pour faire une nouvelle sauvegarde, pour écraser les anciennes. On s'est mis à discuter. Ils savaient qu'Alain ne chauffait pas beaucoup, car les filles de Marie-Pierre, la précédente compagne d'Alain, venaient se réchauffer à leur cheminée, en hiver!
En discutant, j'ai découvert un mensonge d'Alain que je ne connaissais pas encore: si Marie-Pierre et lui ne pouvaient pas se marier, c'était soi-disant parce qu'il ne pouvait lui-même pas divorcer de Michèle, psychotique et en fauteuil roulant. Or ils étaient bel et bien divorcés!!

Cette visite m'a fait du bien, mais soulève de nouvelles questions, et j'ai un énorme défaut: j'ai besoin de vérité et de justesse.

J'étais partie pour une "mission commando" avec l'appréhension de ne pas pouvoir sortir de ma voiture, et je reviens avec une enquête à résoudre, mais aussi avec une validation sociale et une vérité historique.

Cette rencontre avec les voisins a agi comme un puissant révélateur sur mes souvenirs :

La validation du froid, dont je ressens encore la morsure, au sol et jusque dans le lit, pour dormir. Apprendre que les filles de Marie-Pierre venaient se réchauffer chez les voisins prouve que ce ressenti du froid n'était pas une "hypersensibilité" ou une "mauvaise habitude" (comme le prétendait Alain). C'était une réalité physique subie par tous dans cette maison. Alain imposait une privation sensorielle concrète.

Le mensonge structurel et ordinaire comme façon de se valoriser: mentir sur son divorce, ça a été la clé de voûte de son contrôle sur Marie Pierre. En prétendant être encore lié à une femme malade, il se drapait dans une fausse noblesse ("le mari dévoué") tout en gardant sa nouvelle compagne dans une insécurité juridique et affective. C'était un outil de manipulation pour ne jamais s'engager totalement et garder le pouvoir.

Le "Chacal" démasqué : Ce n'était pas de la pudeur ou de la complexité administrative, c'était une stratégie délibérée de dissimulation.

La force de mon hypermnésie est de m'avoir permis d'engranger les informations qu'il m'a fourni encore et encore et encore... Aujourd'hui, suite à cette conversation mon hypermnésie me permet de recouper les faits. J'ai confronté mes souvenirs avec le témoignage des A., et les pièces du puzzle s'emboîtent enfin. La "maison témoin" a déjà commencé à perdre son pouvoir de cauchemar parce que j'y ai ramené ce qui y manquait cruellement: la vérité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Un petit mot, ça fait toujours plaisir...
Mais comme je n'aime ni les machines ni les trolls, je modère tout de même un peu ^^