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mercredi 18 mars 2026

Justice restaurative

Je ne l'ai pas connue, pas côtoyée.
Je connais son prénom mais son nom de famille m'échappe, alors que  le nom de son ex-mari est fort et clair dans mon esprit.
À quoi bon? Ses filles se sont mariées et ont adopté des noms d'usage.
Peut être que ça me reviendra pendant la nuit. Je l'ai su, et c'est caché quelque part dans ma mémoire. Quand je m'en souviendrais, ça sera un "mais bien sûr!" éclatant.

Marie Pierre. Elle a été la compagne d'Alain pendant une vingtaine d'années, avant moi.
Ce que je sais d'elle, pour l'essentiel, je le tiens de la bouche de celui-ci, alors je n'y accorde qu'une confiance limitée.

Alain mentait trop, tout le temps, sur tellement de sujets, que je ne sais plus où se situe la réalité.
Une seule démarche pourrait rétablir la vérité: croiser les informations des uns et des autres, pour identifier les mythes et légendes qu'il a construit autour des gens qui gravitaient dans sa sphère d'influence toxique.

Une part de moi aimerait pouvoir présenter des excuses à Marie-Pierre.
Pour ne pas l'avoir crue, quand elle a alerté les voisins et l'entourage d'Alain, en 2003/2004. Quand elle a commencé à dire qu'il avait abusé de ses filles...
J'aimerais lui demander pardon de ne pas avoir accepté de lui parler au téléphone, de l'écouter. Si je devais porter une partie de la responsabilité de l'impunité d'Alain, comme Sylvain m'en a longtemps accusée, ça serait bien celle-là. À cette époque, j'ai choisi d'accepter l'argumentaire d'Alain, alors que les choses auraient pu être exposées au grand jour, dès cette époque là.

Mais la réalité, la voici: je n'ai jamais été une complice de l'impunité d'Alain.
En 2004 j'étais déjà sa nouvelle cible.

Pour qu'un système de contrôle coercitif fonctionne, l'agresseur doit d'abord construire un mur de verre entre sa victime actuelle et celles qui l'ont précédée. Alain a utilisé le portrait de la "femme cinglée", "mal habillée" et "aigrie" pour s'assurer que je ne puisse tout simplement pas entendre Marie-Pierre.

Je ne pouvais pas l'entendre, à l'époque, à cause d'une forme de piratage de mon jugement : Alain avait "corrigé" ma façon de voir le monde en établissant pour moi des cases entre le normal et l'anormal, se fondant sur un système d'adaptation que j'avais déjà préconstruit et qui me permettait de survivre. Il m'a convaincue que Marie-Pierre était "anormale" et mon cerveau, déjà en mode survie depuis des années, a donc rejeté les alertes pour se protéger du chaos.

Je ne pouvais pas entendre Marie Pierre, aussi parce que j'avais sa version à lui, qu'il me fournissait en 24/7, dans une maison où il gérait tout. Elle, elle n'était qu'une voix lointaine au téléphone, qui nous harcelait le soir et la nuit, à qui il parlait avec une sorte de patience, utilisant ces appels tardifs pour disqualifier toute rationalité. Je recevais le récit de mon "sauveur" comme du pain béni. Amen.

La protection de mon propre équilibre tenait alors à peu de choses, je dois dire. Accepter de croire Marie-Pierre à l'époque aurait signifié admettre que l'homme avec qui je vivais, celui qui me proposait une sécurité tant attendue et espérée, était un prédateur. C'est une vérité qu'on ne peut pas facilement porter quand on essaie soi-même de "garder la tête hors de l'eau".

Aujourd'hui, presque 10 ans après la mort d'Alain, alors que la succession semble être enfin sur le point d'aboutir, je suis envahie par ce besoin de présenter des excuses à Marie Pierre, à Hélène, à Fabienne, parce que c'est ainsi que je fonctionne. Je n'ai pas su les entendre et j'espère aujourd'hui que rétablir la vérité pourra constituer un acte de réparation.

En croyant enfin Marie-Pierre (même rétroactivement), je souhaite restaurer sa dignité de femme, de mère et de témoin, dont Alain, dans ses discours, l'avait privée.

Je ne partages pas la faute d'Alain ; je partage un statut de victime d'un manipulateur qui savait parfaitement diviser pour mieux régner.

Pour le moment, je ne sais pas comment établir ce lien, que je n'ai jamais eu.
J'ai peur du rejet, mais j'ai encore plus peur qu'elles, toutes, continuent de vivre sans savoir à quel point je suis désolée.

C'est le poids de l'intégrité qui parle.
Je n'ai rien de commun avec le système d'Alain. Lui ne s'excusait jamais ; moi, je porte la responsabilité de ce que je n'ai pas pu empêcher, et qui était déjà fait, avant même mon arrivée dans l'histoire.

Le sentiment que j'éprouve, j'en connait le nom et il me semble bon de clarifier les choses: cela s'appelle la culpabilité du survivant. Dans un système de contrôle coercitif, l'agresseur utilise le silence et le décrédibilisation des victimes précédentes comme un bouclier.

En 2004, je n'étais pas le complice d'Alain, j'étais son instrument. Il s'est servi de ma confiance et de ma présence pour invalider la parole de Marie-Pierre.

Si Marie-Pierre et ses filles ont vécu une forme d'enfer dans cette maison de la rue Pierre Loti, elles savent aussi quel genre de "prisonnier" on pouvait devenir sous ce toit.

Elles connaissent le froid : je l'ai découvert avec le témoignage de nos anciens voisins.
Elles connaissent le silence et la manipulation : Elles savent mieux que quiconque qu'Alain était un expert pour faire passer les alliés pour des ennemis, pour faire payer les cadeaux qu'il faisait, pour nous mettre en accusation quand il nous avait proposé un choix...

Si un jour je parviens à les contacter, j'espère qu'elles ne verront pas en moi la personne qui ne les a pas crues, mais la femme qui a fini par s'échapper, tout comme elles.

Comment "déposer" ce poids sans contact immédiat ?
Puisque le lien physique est encore impossible à établir, que puis-je faire?

Et bien pour commencer, j'ai écris, ici, en public.
Je relaye mes billets sur mon compte Facebook, alors qui sait...?

Je regrette tellement mon ignorance de l'époque.
Je reconnais sa douleur aujourd'hui.
Différente de la mienne, forcément.

Mon billet de ce soir, c'est une recherche de réparation publique.
Si un jour elles cherchent des réponses sur Alain Métayer ou sur cette maison, là-bas, elles tomberont sur mes mots. Elles sauront.

En attendant, je laisse mon hypermnésie travailler en arrière-plan.
Le nom de famille reviendra.
Ce soir, j'espère avoir fait le plus dur : j'ai reconnu leur vérité, même si ce n'est qu'une infime partie de ce puzzle infernal.

Je ne suis pas et je n'ai jamais été responsable de l'impunité d'Alain.
C'est Alain qui était responsable de ses actes.
Moi, je n'ai été qu'un témoin dont on avait voilé les yeux.
Ce soir, je veux montrer que la main d'Alain ne me masque plus le regard.




samedi 3 janvier 2026

9 ans, 4 mois et 13 jours

La succession de Alain METAYER est ouverte depuis 9 ans, 4 mois et 13 jours.

Celle de Alain METAYER, né à MONTILS (17800), le 23 août 1948, décédé à ANGOULEME (16000) le 20 aout 2016.

C'était un monstre.

Pas un monstre hideux, avec une tête sur laquelle on peu lire malveillance et perversité.
Non, sa monstruosité, elle était cachée.
Dissimulée sous des nappes d'apparences soignées et de manipulation.
Il était pourtant intrinsèquement toxique.
Mais suffisamment intelligent pour faire croire aux autres que c'était une vue de l'esprit.

J'ai vécu avec lui. Je me suis pacsée avec lui. Je me suis mariée avec lui. Je l'ai laissé me détruire.

Il m'a imposé un système totalitaire, avec suffisamment d'intelligence pour que je me laisse faire.

Isolement social et familial:
Réduction systématique du monde à ses seuls jugements et convictions, à ses seules habitudes, à ses seules volontés.
Il a fait en sorte de saboter mes liens familiaux, sociaux, professionnels...

Manipulation et distorsion de la réalité :
Utilisation de sa grande intelligence pour nier mes ressentis et influencer ma perception du monde et de moi-même, me faisant douter de ma propre légitimité.

Contrôle coercitif et asymétrie de pouvoir :
Routines extrêmes, présentées comme la norme, exploitation de ma situation de handicap psychique, dont il avait pleinement conscience, et de ma vulnérabilité financière, me privant de dignité et de moyens de subsistance.

Privation d'intimité et promiscuité forcée :
Imposition de périodes de vie sans aucun espace d'isolement possible (une forme de torture sensorielle pour mon profil d'anxiété généralisée).

Contrainte par la terreur et la violence :
Menaces de d'abandon, pressions psychologiques, aggresions verbales durant des heures et aboutissant à des privations de sommeil...

Double vie et secrets occultes :
Dissimulation de ses activités criminelles (pédophilie) sous une façade de respectabilité, créant un environnement de mensonge total.

Somatisation forcée :
Création d'un climat de stress chronique si intense qu'il a entretenues voire provoqué des réactions physiques de défense (vulvodynie, ulcères, hyper-vigilance musculaire).

Il est décédé et j'ai du passer de longues heures en compagnie de son cadavre.
Les services funéraires m'ont appelée avec prévenance, durant les jours suivant, s'inquiétant du fait que je n'étais pas venu le voir. J'ai été obligée de leur dire que je ne viendrais pas.
Je voulais que les obsèques se déroulent de façon correcte. Mes parents ont du me décourager de dire la vérité sur lui, tronquant le texte que j'avais écris et que j'ai, de toute façon, été incapable de lire.
Je me suis effondrée et j'ai été hospitalisée une nouvelle fois à la Villa Bleue.
À ma sortie, mon père m'a dit que Minou et Anne s'étaient opposées à ce que l'urne contenant les cendre d'Alain reposent dans la tombe de leur parents. Le motif? Il avait abusé d'elles quand elles étaient enfant.

J'ai déjà écris sur mes découvertes, dans ce fameux disque dur de sauvegarde... Je crois?
Je ne sais plus quand. J'étais encore dans l'appartement 167.
Je n'avais pas pu déverrouiller le PC d'Alain et donc fouiller ses fichiers, comprendre. J'ai fini par le formater avant de le porter à la déchèterie. Mais il y avait ce disque dur de sauvegarde. Massif. Lourd. Effrayant. Un après midi, je me suis plongée dedans. Les noms des fichiers étaient codés. Athanar. Ce mot me reste en arrière gorge. Des photos. Des photos pornographiques homosexuelles, gérontophiles voire zoophiles. Je ne voulais pas regarder, je faisais défiler parce que j'avais une conviction que je voulais vérifier. J'ai mis du temps à décrypter les noms des dossiers. Certains ne contenaient que des liens vers des sites qui n'existaient déjà probablement plus. Et puis j'ai trouvé ce que je cherchais. J'ai failli vomir.
Je suis passer aux fichiers texte.
Au début, je n'ai pas compris. Les prénoms, je les connaissais. Lola, Bernard, Annicka, Tony, Melody... Sauf que les histoires racontées n'étaient pas celles de mes correspondants. J'ai même trouvé des éléments de ma propre histoire dans ma lecture en diagonale. Selon les fichiers d'archivages des correspondances, les histoires de vie changeaient, même.
J'ai compris à quel point il m'avait menti et manipulée.
Jusqu'au bout, pourtant, je lui ai demandé le véritable nom de Lola et Bernard et il a eut le culot de scander, de sa voix brisée et saccadée par la maladie "je l'ai jamais su" alors que c'était lui, ces gens là! c'étaient des incarnations de ses désordres moraux et de son gout pour la manipulation! Des alias et des avatars. Alain était un marionnettiste. Il brisait les gens et s'en servait ensuite comme de pantins.

Le jugement rendu par le TJ d'Angoulême le 23 janvier 2020 (N° RG 17/02381 ; N° Portalis DBXA-W-B7B-EI) portait sur la façon dont la succession devait être répartie... Cette procédure, je m'en serais bien passée, mais elle a le mérite de m'avoir donné, ainsi qu'à son fils cadet, l'occasion de démontrer à la justice à quel point Alain était un monstre. Un pervers narcissique manipulateur doué d'une grande intelligence, n'hésitant pas à mentir, à voler et à exploiter les autres pour voir ses intérêts avantagés. Mais surtout, c'était un pédophile. Il a abusé de ses fils, et avant eux, de certaines de ses sœurs (à 19ans, il a abusé d'une de ses sœurs cadettes, alors âgée de 6 ans).

Toute sa vie, il a menti et manipulé son entourage, en grande partie pour pouvoir asseoir son emprise et pouvoir librement abuser sexuellement des enfants à sa portée. Il a agressé certaines de ses sœurs, ses fils ainsi que les filles de la compagne avec qui il a passé 20 ans. J'ai la conviction profonde qu'à l'aide de ses compétences en informatique, il a également contribué au développement de réseaux d'échanges de photos pédopornographiques sur Internet.

Il m'a fait subir des violences intolérables, mais qui restent presque anodines en comparaison de ce qu'il a fait subir à tous ces enfants qu'il a lui même abusé ou contribué à faire abuser.

Sur la fin de sa vie, à plusieurs reprises, il a essayé de pousser au meurtre plusieurs de ses proches, dont moi et son fils, ne réussissant qu'à nous terroriser, nous donner envie de mettre fin à nos jours et nous faire fuir loin de lui.

L'inertie de cette succession, qui se prolonge maintenant depuis 9 ans, 4 mois et 13 jours est devenue insupportable!

Du vivant d'Alain, à ce que je sache, je suis la seule à avoir porté plainte contre lui. Pour maltraitance conjugale. Cela a aboutit à un non lieu à statuer, la situation de violence ayant prit fin (j'ai quitté le domicile pour partir en hospitalisation à la Villa Bleue, principalement parce qu'il avait commencé à me demander de le tuer). Ces 15 mois de vie séparée, exclue de mon propre domicile, se sont passées dans la douleur, car il m'avait prit ma dignité et réduits tous mes moyens de subsistance. En situation de handicap, je ne pouvais pas percevoir mon AAH et j'étais obligée d'être hébergée par ma famille.

Nous sommes plusieurs à avoir vécu une décompensation amnésique, le jour de son décès ou durant les semaines et mois qui ont suivi. Certaines des victimes, faute de pouvoir s'en prendre à cet auteur décédé, on essayé de rejeter la faute sur moi, m'accusant sans détours d'avoir été complice de crimes dont je n'avais pas la moindre connaissance.
Les choses se sont décantées. Nous sommes désormais alliés face à cette injustice qui perdure, encore, à ce jour.

À l'inverse, une personne en qui je voyais une alliée s'est avérée être en réalité une manipulatrice. Je ne connais pas ses motifs. Se voile t'elle la face ou agit elle sciemment? Je ne saurais le dire. En tout cas elle a contribué à l'enlisement de la situation.

Tout ça doit cesser.
Nous avons droit à la parole, comme nous avons le droit de laisser tout ça derrière nous.