mardi 17 mars 2026

Récupération de ma propre vérité

Il y a quelques années de ça, quand j'ai commencé à vraiment parler de mes troubles anxieux généralisés à mes parents, je leur ai aussi parlé de certains événements de notre passé commun, et de souvenirs que j'avais.

Mon récit a cependant été confronté à quelque chose auquel je ne m'attendais pas: le rejet de mes souvenirs dans leur justesse car "ça ne s'est pas passé comme ça". J'avais alors négocié avec moi-même, en dépit du caractère blessant et négationniste de mes ressentis, en gardant une posture flexible et conciliante. "Ha peut être, je ne sais pas".

Ce souvenir là s'est juste greffé sur les premiers. Cette prise de conscience qu'on pouvait ne pas respecter mes ressentis et la façon dont ils avaient intégré mon système de pensée et de comportements, et la façon dont ça avait influencé mon développement.

Cette remarque sur l'aspect factuel était un non sens, en réalité: je n'évoquais pas des souvenirs pour décrire des réalités communes mais pour parler de mon fonctionnement intrinsèque, de ma sensibilité, de mes fonctions exécutives et autres schémas de pensées.

Je ne prétend pas que les choses se sont passées de la manière dont je m'en souviens.

En revanche, toutes les émotions et les pensées qui ont émergé des événements décrits me sont fondamentalement réelles et n'appartiennent qu'à moi.

Quand je parle d'événements qui se sont produits dans mon enfance, je ne prétend pas connaître la globalité des choses. En revanche je peux vous assurer que je connais les émotions que j'ai éprouvé à cet instant "T", parce qu'elles se sont imprimées en moi.
Me dire que je me souviens mal, c'est comme me dire que je ne sais pas ce que je ressens. C'est profondément irrespectueux et c'est la marque d'une absence de considération profonde vis à vis de ce que j'exprime.

Que mes parents veuillent l'entendre ou pas, j'ai vécu des événements traumatiques dans mon enfance. Ils l'ont été en grande partie en raison de mon hypersensibilité sensorielle et émotionnelle, de mon besoin de compréhension du monde, de mes problèmes de fonctions exécutives et de tout ce qui, neurologiquement, est atypique chez moi, par rapport à eux.
En aucun cas mes parents ne sont responsables de maltraitances volontaires à mon égard.
Ils ne savaient pas, et eux aussi ont une histoire personnelle, un vécu, une sensibilité qui leur est propre et une façon de se souvenir ou pas des choses.

J'ai le droit de me souvenir des choses, comme je les ressens.
Je suis légitime à le dire, l'écrire et le décrire, car mise à par moi et moi seule, personne d'autre ne peut le faire.

J'ai très, très longtemps cru que tout le monde se souvenait aussi bien que moi des choses, des événements, des conversations. Force est de constater que ce n'est pas du tout le cas.

Mon hypermnésie est une formidable chance, mais aussi une malédiction.

Je me souviens de ma curiosité et de  mon émerveillement ressenti lors de cette belle fête un soir d'été, avec ses grillades qui me mettaient l'eau à la bouche et ses jolis feux de bengale qui scintillaient dans le noir en diffusant l'odeur étrange de la poudre, alors que j'étais encore bébé, allaitée et dans les bras de ma mère...

Mais je me souviens aussi de la plupart des chocs et agressions que j'ai subi au niveau cognitif, proprioceptif et émotionnel, que ça soit dans la petite enfance, l'enfance ou à quelque étape de ma vie.
Je me souviens du prurit terrible provoqué un jour par l'application d'une lotion anti-poux, qui m'avait enflammé le cuir chevelu des heures durant, prenant toute la place dans mon système nerveux, étouffant toute pensée rationnelle. Je me souviens des piqûres de moustique, de leur feu, de leurs aiguilles, de l'irradiation des démangeaisons, des grattages, des croutes arrachées encore et encore, parce que ce relief inhabituel sur ma peau m'était insupportable. Je me souviens de la douleur dans mon orteil, quand il a rencontré les rayons du vélo, et de Cédric qui me répétait que ça allait aller, que ça n'était pas grave, alors que je sentais le sang pulser hors de mon corps. Je me souviens de la brûlure des orties quand les enfants de la nounou m'avaient poussé dedans, à côté de la petite maison carrée, après qu'ils aient essayé de me faire croire que c'était doux et que ça ne piquait pas. Je me souviens des orties, encore, quand Stéphanie m'avait poussée dedans, en revenant de la Prade, à côté du lavoir, à l'angle du Bas Jardin...

Je me souviens du choc sur mon front, mais pas de la douleur. Je me souviens de la sensation étrange du sang chaud qui coule sur mon visage et des regards terrifiés de mes camarades de classe.

Je me souviens de toutes ces fois où j'avais mal à la vessie, incapable d'identifier le moment où j'avais besoin d'une miction, jusqu'à ce que ça devienne urgent, impérieux, douloureux. Je devais quitter la classe, traverser la cantine puis le préau pour atteindre les toilettes à la turque et ne pas, alors, réussir à faire pipi. Je me souviens de mon désarrois et des ma solitude face à ce corps qui ne réagissait pas comme il l'aurait dû. Je me souviens aussi des blagues des autres gamins, parce que je sentais le pipi. Je me souviens de la "couche" proposée en guise de solution (des serviettes style Téna), me faisant me sentir encore plus différente et anormale.

Ce sont mes souvenirs, avec leur réalité. Celle qui m'a apprit à cacher mes anormalités, peu à peu, parce que je ne voulais pas sortir du lot. Parce que je n'avais pas les mots, elles étaient anomales, et parce que les adultes n'avaient pas les notions de gravité de mes symptômes, ils n'ont pas su m'aider.

J'ai abîmé mon corps à force que masquer mes problèmes urinaires et digestifs.
J'ai abîmé mon système nerveux à force que compenser en permanence mes hypersensibilités sensorielles (de contact, auditives, visuelles, proprioceptives...).
Mon système nerveux a durement morflé.

Il y a des jours comme aujourd'hui où c'est compliqué: rééducation périnéale et bio feedback de 9h30 à 10h, puis quelques courses parce que j'avais soif, psychiatre à 11h, aller vider mes épluchures dans le compost familial, entrer en interaction avec ma mère, pour savoir quel composteur je dois choisir. Devoir l'appeler dans la maison, me pencher vers elle parce que elle tient à me faire la bise alors que je déteste ça, mais ne pas lui faire remarquer, pour ne pas la blesser. L'entendre parler fort alors que j'ai l'impression que ça agite douloureusement mon cerveau comme le ferait les secousses d'un marteau piqueur. Ne pas avoir la force de lui dire que je ne veux pas revenir déjeuner avant quelques semaines, parce que c'est épuisant pour moi, nerveusement, et parce que je suis en convalescence de grosses crises spasmodiques liées au stress, et que donc je ne peux pas manger n'importe quoi en ce moment. Rentrer. Manger un plat préparé hier en double portion, réchauffé. M'effondrer de sommeil, incapable de réfléchir, de jouer ou de lire. Me réveiller seulement parce que j'ai froid, aller prendre une douche, dormir à nouveau. me lever, aller marcher à Lidl pour acheter des courgettes que je mangerais très cuites, sans la peau, et des blancs de poireau, à manger très très cuits aussi. Être à plus de 130 battements de cœur par minute dans une côte qui d'habitude ne m'amène qu'à 100Bpm. C'est la fatigue fibromyalgique, le sur régime du système nerveux qui se répercute sur les performances physiques. Et puis la paresthésie de la méralgie chronique de ma cuisse droite, aussi... 

Rentrer les courses, se souvenir, encore. Pourquoi? Pour rien, parce que c'est comme ça. Parce qu'il y a eut quelque chose aujourd'hui qui a ravivé ce souvenir là, une fois de plus...

Ce sont rarement des souvenir super méga chouette, qui me reviennent, là.
Je les couche par écris. Pas forcément pour les autres: parce que ça me fait du bien de les projeter hors de moi-même.



lundi 16 mars 2026

Epistémologie, sincérité et obsolescence des informations

J'aime l'épistémologie.
J'aime comprendre la manière dont on construit nos connaissances.

Or il existe un conflit entre deux modèles de pensée : la transmission d'autorité (ce que l'on m'a dit est vrai) et la démarche sceptique (ce que l'on m'a dit est une hypothèse à vérifier).

Il y a une vieille "info" qui circule en Charente: Angoulême serait construite sur un volcan.🌋
N'importe quel gamin qui a sérieusement suivi les cours de géologie en SVT sait qu'Angoulême est construite sur un plateau calcaire, roche sédimentaire, et non sur une roche volcanique. Alors c'est quoi,  ce délire?
C'est une question que s'est posée ma mère, à son arrivée en Charente, à la fin des années 1970, et dans ses premiers postes d'institutrice, face à des parents d'élèves tout à fait certains de ce qu'ils disaient.
Et bien c'est très simple: c'est passé dans le journal, La Charente Libre, il y a des décennies de ça.
Le hic? La date de publication: un 01er avril. Sauf que la blague a fait long feu, et vous trouverez encore aujourd'hui des gens pas très cultivés mais très convaincus, pour vous jurer avec la plus grande sincérité qui soit que c'est la vérité vraie. La preuve: c'est passé dans le journal, voyons!

Alors certes, c'était une blague, à la base.
Mais ça n'est pas toujours le cas.

Souvent il y a, à l'origine d'une croyance, des intuitions scientifiques qui étaient non vérifiables en l'état de la science, au moment où elles ont été émises.
Simplement, on s'est habitué à les considérer comme vraies, juste parce que personne ne les remettait en cause.

Sauf que... La science a considérablement évolué ces trente voire quarante dernières années.
Sur plein de sujets fascinants, très divers et très très quotidiens.

Quand j'étais au collège, dans les années 1990, on nous apprenait que le pain et les pâtes étaient des sucres lents. En ce temps là, les scientifiques se basaient sur la complexité des molécules des glucides les composant. Les "hydrates de carbone". Miam!
En était on sûrs et certains? Bhé oui: on allait quand même pas nous enseigner des trucs pas prouvés scientifiquement, quand même!
Sauf que non. Des médecins ont un jour eu la chouette idée de prendre des volontaires, de mesurer leur glycémie, de leur faire manger des aliments dont il était réputé qu'ils libéraient lentement leur énergie glucidique dans le sang et de mesurer la glycémie de manière régulière après l'ingestion.
On partait du principe que le glucose était le glucide le plus rapide et imbattable.
Et là, patatra!
Avec cette méthode révolutionnaire (hypothèse, expérimentation et conclusion... bref une méthode scientifique appliquée à la nutrition), on a découvert que ça ne fonctionnait pas du tout comme on l'avait supposé, en fait. Zut!
Bizarrement, en dépit de la découverte des indices glycémiques des aliments et de ses implications en diététique, on continue d'entendre parler de sucres lents ou rapides, alors que ce sont des concepts dépassés et obsolètes, au regard des connaissances scientifiques actuelles.
Une même pâte ne va pas avoir le même IG selon qu'elle est cuite al dente ou fondante, ni si elle est consommée chaude ou refroidie.

C'est difficile de supprimer de la conscience collective un concept médical qui a été vulgarisé en long, en large et en travers par des affiches et des programmes scolaires.

Cet exemple, car ce n'était que ça, vise à exposer une réalité à laquelle je suis très régulièrement confrontée: certaines personnes affirment des choses qu'elles croient sincèrement et profondément vraies, sans qu'elles le soient. Parce que la science, les techniques, les mœurs... ont évolué, par rapport à l'époque où elles ont acquise cette connaissance.

Il y a des dizaines de choses pour lesquelles ça se vérifie, et je vous jure que parfois je me dis que c'est naze d'être hypermnésique sur les sujet qui touchent à la biochimie et à la nutrition, vu toutes les âneries que j'entend et que je me retrouve à devoir expliquer avec patience.

C'est un choc des paradigmes assez classique: devoir confronter les certitudes héritées du passé à la curiosité critique. Pour plein de gens, la Connaissance est une sorte de collection d'objets finis, reçus comme des "faits". Si on leur a appris que les sucres lents sont les féculents, c'est une vérité figée. Remettre cela en cause, c'est remettre en cause la source qui a transmis l'information.
Pour moi, la connaissance est un processus organique, vivant, évolutif. J'utilise des sources de vulgarisation scientifique (pour lesquelles il est parfois nécessaire de maîtriser des concepts de base), non pas pour remplacer une certitude par une autre, mais pour confronter les théories aux dernières mesures expérimentales.

Autre exemple concret, toujours en lien avec l'alimentation:
"La cuisson au four à micro-ondes dénature les aliments"
Oui.
C'est exact.
Mais:
Tout mode de cuisson, quel qu'il soit, a pour objectif premier de modifier la nature de la composition des aliments. C'est de la chimie et de la physique: en chauffant un aliment (d'origine végétale ou animale, peu importe), on cherche à le rendre plus digeste, plus sapide et tout simplement, plus comestible.

L'idée que le micro-ondes "dénature" les molécules de façon unique et négative est un mythe qui a la vie dure. En réalité, toute forme de cuisson est, par définition, une dénaturation.

S'il est vrai que le procédé physique d'agitation moléculaire est récent dans l'histoire de l'alimentation humaine, ça ne le rend pas "mauvais" par définition. C'est ce que font les fours à micro-ondes: on fait s'agiter les molécules d'eau pour créer de la chaleur. Ce n'est pas fondamentalement différent de la conduction (poêle) ou de la convection (four), où l'énergie est transférée de l'extérieur vers l'intérieur.

Forcément il y a vite eu des gens qui se sont inquiétés des dangers de ce nouveau procédé, et se sont mis à étudier les aliments ainsi "altérés", trouvant des choses fort inquiétantes et faisant peser sur ces cuisson un sceau de dangerosité.
Sauf que certains autres chercheurs, par amour pour la science, et par soucis d'exactitude ont fini par comparer les altérations des aliments entre différentes techniques de cuisson. Et là? Stupeur: certains modes de cuisson plus traditionnels sont en réalité bien plus dangereux pour la santé humaine!

Il est ainsi bon à savoir que la cuisson au micro-ondes dans un récipient en verre avec un fond d'eau est souvent supérieure à la cuisson à l'eau bouillante. Parce que le temps de cuisson est plus court et qu'il y a moins de "lessivage" des vitamines hydrosolubles (vitamine C, B) dans l'eau de cuisson.
Qui plus est, les réactions chimiques telles que le brunissement (la fameuse réaction de Maillard) ou la caramélisation se produisent peu au micro-ondes, ce qui évite d'ailleurs la formation de certains composés cancérigènes liés aux hautes températures des fritures ou du barbecue (les acrylamides, en particulier).

Forte de ces connaissances, je fais cuire ou précuire presque tous mes légumes, et certains féculents, dans mon four à micro-ondes, sans inquiétude autre que le gain de place.

Encore un autre?

En discutant avec ma sœur, qui est infirmière et travaille en PMI, mais qui fait aussi partie de l'association La Leche League France (LLL), et qui prend plaisir à se cultiver sur le sujet, j'ai appris qu'il a existé un paradigme semblable sur le mécanisme de l'allaitement!
Un médecin du XIXème siècle, s'interrogeant sur le truc, mais expérimentant exclusivement sur des cadavres, avait injecté de la cire dans ce qu'il pensait être les canaux de lactation, avait observé des vésicules et tirées des conclusions, enseignées dès lors en fac de médecine. Ensuite, encéphalogramme plat pour la recherche, jusqu'à ce que, début des années 2000, des fabricants de tire-lait aient envie de savoir si leur produit fonctionnait bien, et commanditent des recherches sous IRM. Et là patatra! Les théories, expérimentations et conclusions qu'on tenaient jusque là pour valides ont été totalement contredites par les images.

Cette histoire que m'a racontée ma sœur est absolument véridique et vérifiée par curiosité factuelle.
Il s'avère qu'elle constitue l'un des "cas d'école" les plus célèbres de l'obstination scientifique basée sur des données obsolètes.

Le paradigme du cadavre : Sir Astley Cooper (1840), était un chirurgien et anatomiste britannique. En 1840, il a publié "On the Anatomy of the Breast" (Sur l'anatomie des seins).

Pour comprendre la structure du sein, il a injecté de la cire chaude de différentes couleurs dans les pores du mamelon de femmes décédées pendant leur période de lactation (c'était déjà ça). La pression exercée par l'injection de cire a créé des dilatations là où il n'y en avait pas forcément. Cooper a alors décrit (et dessiné) ce qu'on a appelé les sinus lactifères : des sortes de réservoirs où le lait était censé s'accumuler en attendant la tétée.
À titre personnel, je me souviens d'avoir vu des illustrations montrant ces sinus...

Pendant 165 ans, ces planches anatomiques ont été la vérité absolue, reproduites dans tous les manuels de médecine du monde.

Et puis il y a eut l'étude de Donna Geddes en 2005!
C'est seulement au début des années 2000 que tout bascule. L'étude de référence a été publiée en 2005 par le Dr Donna Geddes (Université d'Australie Occidentale), avec le soutien de l'entreprise de tire-lait Medela.

Contrairement à Cooper, elle a d'abord utilisé l'échographie à haute résolution (ultrasons) sur des femmes vivantes et en train d'allaiter.

Ce que l'IRM et l'échographie ont révélé :
Les sinus lactifères n'existent tout simplement pas : les "réservoirs" observés par Cooper étaient en fait des artefacts créés par la pression de la cire dans les tissus morts. Dans un sein vivant, les canaux sont petits et ne se dilatent que lors de l'éjection du lait.

La distribution des tissus se fait en réalité d'une façon bien différente, car le tissu glandulaire (qui produit le lait) est beaucoup plus proche du mamelon qu'on ne le pensait (souvent à moins de 30 mm).

On pensait que le bébé "moulait" les sinus pour exprimer le lait. En réalité, on a découvert que c'est une combinaison de vide (succion) et de mouvements de langue qui permet l'extraction, et non une simple compression de réservoirs... inexistants.

Tout ça pour dire une chose: j'aime la science.
Elle m'est essentielle, parce que j'ai ce besoin intrinsèque de compréhension du monde dans lequel je vis et avec lequel je dois interagir.

Si on me parle d'un sujet qui m'intéresse, voire qui me concerne directement, il y a fort à parier que j'en sais déjà pas mal sur le sujet. Ce savoir est concret et actualisé. En aucun cas je ne trouve acceptable de me fonder sur des théories vieilles de plusieurs décennies, parce que j'ai besoin d'exactitude.

Je sais ce que la science dit sur la biochimie du cerveau des personnes qui, comme moi, vivent avec des troubles anxieux chronicisé et des troubles de la gestion de l'impulsivité et de l'attention. Je sais aussi que mon syndrome de l'intestin irritable est en grande partie liée à l'excitabilité des neurones digestifs, et à des mécanismes complexes avec lesquels je dois composer en permanence. Je sais comment je dois manger pour limiter mes troubles spasmodiques. Je connais aussi les mécanismes de fonctionnement de l'utérus, comment fonctionne le cycle menstruel par exemple, et qu'il n'y a absolument aucun soucis à ne plus avoir de règles depuis 15 ans, vu que ce n'est que l'endomètre qui a modifié son fonctionnement en réaction à mes différents modes de contraception. L'utérus et le vagin conservent leurs fonctions autonettoyantes et les cellules mortes continuent d'être évacuées hors de mon corps, comme tout déchet organique trouve ses émonctoires naturels.

Je ne suis pas à proprement parler une scientifique. En tout cas, pas de formation, avec mon baccalauréat littéraire, c'est certain.
Toutefois, je pense que ce qualificatif peut avoir plusieurs sens. Si je ne suis pas de ceux qui font la science, au sens propre, par leurs recherches et leurs expérimentations, je n'imagine pas vivre sans me cultiver, intégrer des informations et m'efforcer de les garder à jour.
Le soucis d'exactitude est très important pour moi, et je ne vais pas hésiter à avouer mes incertitudes face à des personnes qui m'affirment des choses sur des sujets que je ne maîtrise pas: je vais aller faire des recherches et combler mes lacunes.
Dans tous les cas, je vais m'abstenir de juger.
La très grande majorité des gens sont extrêmement sincères, même quand ils relaient des informations fausses. À moi de savoir être pédagogue, quand c'est nécessaire, avec bienveillance.

Surtout quand l'obsolescence de leurs connaissances entre en conflit avec mes besoins fondamentaux.