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mercredi 29 avril 2026

Troubles alimentaires et conseils "à côté de la plaque"

Très récemment, je discutais avec un ami d'un paquet de chips entamé, mais fermé d'un clip, posé sur ma table basse.
C'est une image importante pour moi qui souffre de TCA depuis des décennies.
Un paquet de chips entamé et pas terminé, c'est une grande victoire personnelle.

L'ami en question m'a conseillé de faire mes courses en Drive, conseil qui m'a quelque peu laissée hébétée, sans tout à fait savoir pourquoi (mis à part que je n'aime pas du tout le procédé de la commande et récupération de mes courses). Il m'a fallu plusieurs heures pour réaliser une confusion évidente entre les achats impulsifs (je le vois, ça me fait envie, je l'achète) et les achats/consommations compulsifs.
Car non, ça n'a rien à voir!

Bien que les termes soient souvent utilisés de manière interchangeable dans le langage courant, l'impulsivité et la compulsivité reposent sur des mécanismes neurologiques distincts. On peut les voir comme deux forces opposées sur un axe du contrôle de l'action.

L'impulsivité, c'est en quelque sorte le "moteur" sans frein:
Il s'agit d'une prédisposition à des réactions rapides et non planifiées face à des stimuli, sans égard pour les conséquences négatives à long terme. En gros il y a un défaut de contrôle inhibiteur et le cerveau privilégie la récompense immédiate.

Le neurotransmetteur clé en est la dopamine, avec une hypersensibilité aux signaux de récompense.

La compulsivité, c'est plutôt l'action "automatique" avec la répétition de comportements persistants et inappropriés à la situation, sans lien avec une récompense, souvent pour réduire un inconfort ou une anxiété. C'est une transition de l'action dirigée vers un but, vers une habitude rigide. La personne se sent obligée de réaliser l'action, même si elle n'en tire aucun plaisir.

Le neurotransmetteur clé ici est la sérotonine, qui joue ici un rôle majeur dans la régulation de la flexibilité cognitive et de l'évitement du danger.

Dans le cadre des troubles des conduites alimentaires, l'impulsivité et la compulsivité ne s'excluent pas. Au contraire, elles coexistent souvent, ou se succèdent, créant des cycles difficiles à rompre.

On le vit généralement mal: la sérotonine sert littéralement à obtenir une dose de dopamine.

Mon corps a besoin de dopamine, parce que je suis dans un état de stress avancé et j'ai un besoin viscéral de manger quelque chose de satisfaisant.

L'impulsivité est fortement liée aux épisodes de d'hyperphagie boulimique, dont je souffre depuis des décennies.
Ainsi, face à une émotion forte (colère, tristesse, ennui...) mon système de récompense s'emballe et toute ma meilleure volonté ne parvient plus à freiner l'envie immédiate.
La sensation? C'est une perte de contrôle brutale. J'agis avant de réfléchir, poussée par une urgence de gratification pour apaiser une tension interne. Ou au mieux, je me retrouve à négocier avec moi-même pour essayer de trouver une solution alternative.

La première fois où j'en ai eu pleinement conscience, c'était en 2012, après avoir suivie une formation professionnelle de plusieurs jours, en vase clôt (on mangeait ensemble, donc j'étais en saturation totale de mon anxiété sociale). Le dernier jour, on a fini en avance et j'avais besoin de me retrouver seule et de manger quelque chose de gras et sucré avant de retourner à la maison rejoindre mon mari.
Qu'on se comprenne bien: ce que je voulais, c'était ma dose. Celle d'une droguée.
Dans le rayon pâtisserie industrielle d'une GMS de Tarbes, j'ai passé littéralement 45 minutes à essayer de choisir entre plaisir, raison et nutrition. J'ai vaguement le souvenir de gâteaux à la génoise fourrée cacao, mais je ne suis pas certaine que ça soit ça que j'ai acheté, ce jour là.

Ce problème de compulsions alimentaires, le l'ai depuis longtemps et j'ai très longtemps gardé le silence, à ce sujet. Même quand je faisais des indigestions chroniques avec des reflux gastriques de plus en plus handicapants. Je vivais avec ce trouble psychique, dans la honte et le secret, comme avec une anormalité que je devais absolument cacher à mes proches.

Si aujourd'hui je m'y connais aussi largement en pâtisserie, c'est parce que j'ai découvert de manière empirique que, le "faire soi-même" ne procure pas du tout la même réponse neurologique que d'acheter un produit déjà prêt à la consommation.

Aujourd'hui, le conseil de faire mes courses en Drive est aussi inapproprié que celui de faire carrière dans la pâtisserie professionnelle que j'ai autrefois reçu (et qui revient de temps à autre dans la conversation).

Durant des décennies, mon cerveau a acté que le sucre ou le ratio glucides/gras/sel est une réponse appropriée à un stress chronique.
Pour ce qui est des courses, je suis tout à fait capable d'acheter des chips en Drive, motivée par la compulsion, parce que c'est une solution simple et rapide à un inconfort nerveux.
Mais c'est tellement plus chouette de prendre le temps de me concentrer sur des ingrédients plus sains, pour préparer une pâtisserie plus saine, avec un indice glycémique plus approprié, et surtout une sapidité tellement différente!

Je rappelle ce que signifient les initiales TCA: Troubles du Comportement Alimentaire.

Un Trouble, en psychiatrie, ça se réfère généralement non seulement à un comportement anormal, mais surtout à une souffrance intrinsèquement liée au comportement. Pour qu’une différence de fonctionnement réponde à cette qualification, elle doit généralement répondre à trois critères cumulatifs:
- La souffrance psychique (détresse)
- Le retentissement (dysfonctionnement)
- La déviance par rapport aux normes (dans un sens statistique ou socioculturel)

Mon hyperphagie compulsive correspond tout à fait à ça.

Or mon récent changement de traitement (de la Paroxétine vers la Fluoxétine) visait en particulier ce problème spécifique. Il faut en effet savoir que le Prozac© (fluoxétinea une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) spécifique pour les TCA, en plus des troubles de l'humeur type dépression, en particulier les troubles compulsifs alimentaires liés à aux mécanismes de la réponse dopaminergique (le circuit de la récompense).

À ce stade, il est important que je refasse un petit rappel:

Depuis aussi loin que je me souvienne, j'ai connue la nourriture comme un outil de réconfort, avec une très forte appétence pour le sucré, mais aussi pour les "snacks" salés (ultra transformés et souvent riches en additifs pas nets). Or des études ont prouvé que les chips de pomme de terre font partie des aliments qui activent le plus facilement la réponse dopaminergique.

Mon cerveau est accro aux récompenses. Les chips activent des circuits neuronaux déclenchant la production de dopamine qui entraine un sentiment de plaisir intense.
Je n'achète pas mes chips en mode "je vois le paquet". Je vais les acheter exprès parce que je sais que les manger va me faire psychiquement du bien.

Pour lutter contre mes troubles alimentaires, j'ai assez tôt essayé de mettre en place des stratégies visant à m'éviter les crises d'hyperphagie. D'une part en me cultivant sur la nutrition, qui est devenue une passion pragmatique. D'autre part en  préparant moi même des desserts, avec passion et ferveur. Au début pour pouvoir les consommer. Puis peu à peu, parce que j'ai vu un changement agréable s'opérer: la compulsion devenait moins intense et je me sentais littéralement mieux psychiquement avec la nourriture.

J'ai appris, des décennies plus tard, que prendre le temps de préparer des plats élaborés, et plus spécifiquement des desserts complexes, agit comme un puissant levier neurologique pour "reprendre la main" sur les circuits de la compulsivité.

Voici pourquoi cette démarche modifie la réponse de mon cerveau face à la nourriture :

Très important, il y a pour commencer une (ré)introduction d'un délai de gratification.
Les troubles compulsifs reposent sur un court-circuit entre l'envie et l'acte. En pâtisserie fine, il est impossible d'obtenir un résultat immédiat : il faut peser, mélanger, cuire, puis laisser refroidir.

Ce processus a un effet neurologique vérifiable : ce délai force le cortex préfrontal (le siège de la raison) à rester activé pendant toute la durée du processus. Cela étire le temps entre la pulsion et la consommation, affaiblissant ainsi le réflexe automatique.

La compulsivité est une habitude rigide logée dans une partie spécifique du cerveau. On mange sans y penser, par pur automatisme.

Cependant la préparation complexe, comme la réalisation d'un dessert élaboré demande de la concentration et le respect d'étapes précises. Cela transforme l'acte alimentaire en une action dirigée vers un but. Le cerveau ne traite plus la nourriture comme un objet de soulagement immédiat, mais comme le résultat d'une construction technique.

La stimulation sensorielle joue un rôle important également, en sollicitant l'odorat (les arômes de cuisson), le toucher (la texture de la pâte) et la vue (le dressage).

Par ces processus, la régulation de l'appétit se fait naturellement... L'exposition sensorielle prolongée permet au cerveau de commencer son processus de "satiété sensorielle spécifique". Souvent, le simple fait d'avoir manipulé les ingrédients et senti les odeurs réduit l'urgence de la consommation massive, car une partie du besoin sensoriel a déjà été comblée.

Pour finir, il ne faut pas négliger la valorisation de la compétence, du savoir-faire et de l'objet alimentaire en soit. En psychologie cognitive, on accorde plus de valeur à ce que l'on a créé soi-même.

Cuisiner et pâtisser pour mes proches, ça a dès le début, et sans que je m'en rende compte, été une façon pour moi de sortir de la honte et surtout, de prendre soin de moi.

Mes troubles compulsifs alimentaires étaient souvent liés à une consommation cachée et dévalorisée, a fortiori quand on me parlait de ma grand-mère diabétique. En créant quelque chose de particulièrement sapide, beau et élaboré, je transformais la nourriture en une œuvre artisanale. Il ne s'agissait plus de me remplir mais de déguster une création dont j'étais responsable, au sens noble. Cela restaure une forme d'estime de soi face à l'assiette.

Je comprends aujourd'hui que mes proches n'aient pas perçus ces processus cognitifs. Ainsi, ma mère a très sincèrement cru que c'était une passion valorisable sur le marché du travail, sans comprendre pourquoi j'écartait son "conseil". Je n'avais alors pas les arguments pour lui faire comprendre que c'était absolument inenvisageable pour moi. Sans même me préoccuper des conditions d'exercice (que je sais être incapable de supporter), je n'ai jamais eu envie de faire de ce loisir une activité à plein temps. Mais le fond de son incompréhension n'est même pas là: mon entourage ne percevait très certainement pas (et j'ai très longtemps été incapable de le voir moi-même) la dimension profondément thérapeutique de mon investissement en pâtisserie, puis en cuisine en général.

Je ne crois pas que quelqu'un qui dessine des choses particulièrement cathartiques pour lui-même aura envie de mettre ses œuvres en vente. Pour moi c'est exactement la même chose.
La pâtisserie n'est pas une activité fondée sur la passion comme fondement initial mais sur la réappropriation d'une forme de contrôle de moi-même. C'est une stratégie, pas une fin en soit.

Pourquoi les desserts en particulier ? Au début, c'était bien simple: à la maison, pour avoir autre chose qu'un fruit comme dessert, il fallait produire ledit dessert.
En outre, le sucre et le gras sont souvent des déclencheurs importants des crises. En faire des sujets d'étude technique permet de désacraliser ces ingrédients. Ainsi les produits sucrants et les matières grasses ne sont plus des interdits mais des matières premières techniques.

En décidant de la composition et de la qualité des produits, on reprend le contrôle, ce qui réduit le sentiment d'impuissance face à des produits industriels conçus pour être addictifs.

En résumé : faire la cuisine soi-même, c'est passer d'un mode réactionnel (je subis la crise) à un mode créatif (je pilote le processus). C'est une forme de méditation active qui rééduque la patience du cerveau.

C'est donc cet aspect thérapeutique invisible à ma mère, que je n'ai que rarement expliqué à mes proches, qui a pour effet de rendre toute suggestion professionnelle dans cette voie totalement inadéquate et inappropriée: j'y perdrais très certainement tous les bénéfices obtenus de haute lutte (invisible). Je passerais d'une activité de refuge et de soin psychique à une performance potentiellement anxiogène et donc source de mal-être.
En cuisine professionnelle, on ne choisit pas toujours ce que l'on prépare, et les rythmes y sont imposés. La pression peut stimuler l'impulsivité et le stress, soit exactement les déclencheurs que mes activités de cuisine domestique cherchent à apaiser.










samedi 4 août 2018

Des effets secondaires des médicaments

En janvier dernier, ça n'allait vraiment pas fort....
N'étant plus suivie par un psychiatre, j'ai demandé à mon médecin traitant de me remettre sous antidépresseur, malgré ma grande crainte de reprendre du poids.

Au début, je me suis sentie mieux psychiquement.
Suuuper!
Ouais.

J'ai déchanté.

Au mois d'avril, je faisais encore 63 kilos.
En ce début du mois d'aout, je galère pour ne pas dépasser les 73 kilos (et galérer n'est pas un faible mot je vous assure, car j'essaie de maigrir depuis un mois et je continue à voir mon poids augmenter, ce qui est extrêmement douloureux).

En outre, heureuse propriétaire d'un impédancemètre, j'ai constaté que je fais forcément de la rétention d'eau, car même si ma masse grasse est excédentaire, le pourcentage de masse hydrique de mon corps n'est pas cohérent avec mon poids.

J'ai un appétit délirant par rapport à mes dépenses énergétiques et j'ai faim (je ne parle pas d'une envie de manger, mais d'un besoin physique de manger) souvent moins d'une heure après un repas.

Je me retrouve exactement dans la même situation qu'il y a 4 ou 5 ans, avec une relation de haine vis à vis de mon corps et de la nourriture, tout en ayant ce besoin de manger qui me dévore.

Je suis en colère et dégoutée.
 
La plupart des gens savent que les antidépresseurs font prendre du poids, mais à ce que disent les études les plus médiatisées dans la presse de vulgarisation, non, les antidépresseurs ne feraient pas prendre de poids.

Il faut creuser longtemps et minutieusement pour trouver des éléments allant à l'encontre de ces affirmations.

En fait, les antidépresseurs tricycliques et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) ont en fait bel et bien des effets sur le poids!

Pour commencer, ils augmentent fortement l’appétit que ce soit pour le sucré et le salé. D'une façon qui devient facilement ingérable, ce qui remplace une souffrance psychique par une autre.
De dépressif (ou anxieux, voire les deux), on se retrouve comme "en manque" de nourriture.
Je le ressens très fortement et j'en souffre énormément.

Ensuite, et c'est loin d'être anodin, ces deux types d'antidépresseurs diminuent le métabolisme basal en favorisant le stockage des graisses plutôt que leur élimination et surtout ils provoquent une terrible rétention d’eau dans tout le corps due à un SIADH (sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique). Cette hormone est appelée vasopressine est fabriquée dans le cerveau par l’hypothalamus et est sécrétée par la glande hypophyse.

Plusieurs causes sont à l’origine d’un SIADH mais celle des antidépresseurs IRS ou tricycliques semble être reconnue depuis longtemps par les neurobiologistes endocrinologues.

Donc oui, certains antidépresseurs font bel et bien prendre du poids.

À choisir entre deux maux, je préfère lutter contre l'anxiété que contre mon propre corps, mon appétit, etc.

Il semblerait qu'il faille en moyenne six mois pour que le métabolisme se rétablisse correctement.

Bien.

Plus tôt je commencerais la réduction des doses, plus vite je perdrais du poids.

Je suis mortifiée.

73kg.

mardi 11 août 2015

Euphorie délétère de l'alcool

J'ai commencé à boire avec l'arrivée de la maladie de mon (ex) mari [certes, nous ne sommes pas divorcés, mais l'esprit a ses lois que la Loi ne peut connaître].

À l'heure où j'écris ces lignes, je suis en état d'ébriété. Pas pour gourmandise pour l'alcool (Whisky et liqueur de citron) mais par gourmandise pour cet état planant où me met la substance. J'ai fais ça avant ma séparation, plus d'une fois, avec du Gin, du Rhum, du Whisky à la crème de cassis, avec du rhum blanc et du sirop de sucre, pour que l'effet soit immédiat.
Je cherche à planer, ni plus, ni moins.
Je suis une droguée et bien que sous l'emprise de l'alcool, je pleure.
Je sais que je suis une loque de 80 kilos.
L'alcool me rend gaie, habituellement. Je plane, tout disparait, la souffrance, la tristesse, le poids de tout, moi y comprit.
Mais je ne peux pas, je ne peux plus continuer comme ça.
J'ai déjà promis que je ne me tailladerais plus...
J'ai déjà promis que je ne me gratterais plus jusqu'au sang...
Il me reste à promettre de ne plus m'enivrer en cachette, que ce soit à la codéine ou à l'alcool.

Je ne suis pas alcoolo-dépendante. Pas "alcoolique" cliniquement. Pas besoin de sevrage, pas de risque de delirium tremens et autres symptômes de sevrage. Dur de renoncer, certes, d'accepter de ne plus me faire planer comme ça.*
Au secours!!!
Je me noie.
Dans un verre de Sky, après avoir longtemps hésité, ce matin,  au rayon des alcools titrant à plus de 40°...l y a à peine une heure, en réussissant à ne rien acheter, sauf de quoi combler ma compulsion alimentaire. Desserts glacés danbs de jolis verres. Pas de place au congélo, connasse!!!

Mon Ange Gardien ne sait pas du tout dans quelle merde il s'est engagé et j'aimerais l'épargner, mais je ne peux plus.
Pas de secrets.
C'est la première fois que je me met la tête à l'envers depuis que je suis ici, chez lui.
Je me déteste. Je suis une merde, sans volonté, sans r&sistancve, sans barrières. J'ai le sentiment d’abuser de sa gentillesse. J'ai le sentiment de défier la confiance qu'on m’accorde ici bas. Je ne suis qu'une loque qui sait faire bonne figure. J'ai mal partout comme si on me déchiquetait de l'intérieur,. Mais c'est moi qui me déchiquète, parce que sous mon désir de vivre ke voudrais mouroir, ^pour toujours, pour jamais, pour cesser d'être inutile au monde et en, disparaitre une fois pour toutes.

IUn seul verre, un, seul, et au lieu de planer, je tombe, je tombe, sans réyussir à voir l'écran, sans voir vraiment mes doigts courir sur le clavier.


Impossible de faire les courses sans dépenser au moins 75 euros de ma poches ces temps ci. Je me détruit. Et quand je n'en ai plus assez, c'est mon ex mari qui paie. trop. Demande de tutelle sans motif? Vraiment? Je bousille tout ce qui m'entoure.

Un ami qui ferait mieux de me foutre à la porte. Je serais mieux à Breuty, chez les dingues.

Veux plus de ma famille, veux plus de personne, veux être shootée au Théralène et dormir jusqu'à la fin des temps de merde. Veux être irresponsable, déresponsabilisée, sombrer.

Je veux un nouveau shoot d'alcool, je veux de la codéine, quitte à dormir, je veux oublier le lisier qui me pleut dessus depuis que j'ai deux ans. Trente années de merde liquide qui coule dans mes veines. Je veux me noyer dans ma douche, alors que je n’arrive toujours pas à me laver tous les jours, tous ces fouitus jours!!! Je veux crever sous une douche er jeveux vivre et oublier. Je veux renaître vierge de tout, de mes drames, de mes angoisses, des tortures, des peurs.

Un seul putain de verre.
Un seul!!!

Deux putains de verres glacés
Il aura au moins les verres


Le soleil dans le jardin et la pluie sur mon visage

Saloperie de vie de merde

samedi 28 mars 2015

Grosse

(Vi, y'a la WiFi, à la clinique)

En farfouillant dans mon PC, j'ai revues des photos de moi il y a 6 à 10 ans, et je me suis prise une méga baffe dans la gueule.

Pas compliqué :
165cm de haut, une bonne ossature, mais 85 kilos.
IMC=31,2
"Obésité modérée".

Je pense sérieusement à consulter, mais de toute façon, en règle générale, les choses sont simples: trop d'apports caloriques et pas assez de calories brûlées. Et aussi des apports nutritionnels de mauvaise qualité et un taux de cortisol dans le sang trop élevé (hormone du stress, qui pousse le corps à stocker).

Perso, je me sentais vraiment bien à 60 kilos.
Mais je pense que 62 ou 63 kilos, ça serait raisonnable.

Plus que mon poids, c'est la silhouette, que je veux travailler, mais l'un ne va pas sans l'autre.
Retrouver mes bras athlétiques, ma taille mince contrastant avec mes belles hanches, perdre la masse grasse de la face interne des cuisses. Rien d'impossible. Mais pour ça, il faut décrocher du PC, de la chaise, enfiler ses baskets et passer à l'action.

Donc va falloir se battre.
Marche, fitness, vélo de ville, aquabike, Zumba, stretching.... etc.
Je crois que je commence à savoir vers quoi mes activités vont se tourner dans les mois à venir.

Surtout, je le fais pour moi, pour reprendre confiance en moi. Pour absolument personne d'autre.
Il y a encore 1 an, je ne faisais "que" 72 kilos. Je me suis laissée plomber par les soucis.

J'aimerais faire de la Zumba, parce que je pense que l'ambiance des cours (festive et naturellement euphorisante) serait très positive sur ma dépression. J'aimerais faire de l'aquabike parce que ça fait détaler la cellulite. Et je souhaite que les séances d'étirements rentrent à fond dans ma routine, parce que je veux de longs et beaux muscles (sauf les fesses, qui, elles, ne seraient pas contre un raccourcissement de la fibre musculaire!!!).

Mais pour commencer: marcher, marcher, marcher. À la campagne, en ville, marcher marche, marcher!!!


Et je pense aussi un peu à l'hypnose, pour essayer de réguler mes rapports à l'alimentation.


jeudi 26 février 2015

Demande d'hospitalisation

Depuis pas mal de temps ça va mal.
Je ne supporte plus la pression de la maladie de mon mari. Cela dégrade beaucoup mon équilibre.
Depuis le 18 février, mon mari est hospitalisé. Il en souffre, mais je continue de souffrir également, dans le doute de la suite qui sera donnée aux événements. Je ne peux plus prendre en charge Alain et sa famille (enfants, frères, sœurs...) agissent comme si tout reposait sur moi entièrement.

Le discours est simple: puisque Alain veut rester chez lui, il doit rester chez lui. "Il a l'argent". Et moi je compte pour du beurre. Malgré sa perte majeure d'autonomie, malgré le fait qu'il ait des troubles du comportement (antérieurs à sa maladie, bien dissimulés mais réellement aggravés par la DCB), je dois tout "prendre sur moi".

Je suis sa femme après tout.

Sauf que mon dos crie "STOP" (lombalgies, sciatique, et plus récemment, déplacements de vertèbres dorsales.
Sauf aussi que mon état psychique se dégrade... Ecorchures compulsives et scarifications.

Je suis une épouse à bout.

Hier j'ai reçues deux informations contradictoires à moins de deux heures d'intervalle.
La première, donnée vers 17h, m'annonçait la sortie d'hospitalisation de mon mari pour le lundi 2 mars, avec bénéfice d'une Hospitalisation à Domicile (HAD). Bon. Bien que je pense sincèrement que la place de mon mari ne soit pas entre nos murs de particuliers, mais dans un service où on s'occuperait vraiment de lui (ce n'est pas le cas à l'hôpital), je suis prête à essayer.
Sauf que vers 19h le service de neurologie m'a indiquée la sortie de mon mari le 2 mars, mais sans bénéfice d'une HAD, ce qui est totalement inacceptable pour moi.

Il est hors de question que je m'occupe de lui chercher des aides pour tout ce que je ne ferais plus. Comme il est hors de question d'avoir des étrangers sans arrêt chez nous!

Mon mari dit qu'il a les moyens financiers et que si je ne supporte pas la situation, je n'ai qu'à partir.

Sauf que ce n'est pas si simple. Je crève de trouille que le système ne lui convienne pas, qu'un des intervenants lâche l'affaire, soit incompétent ou que sais-je, et ça ne me tranquillise pas, un "bidouillage" entre le SSIAD (Services de Soins Infirmiers À Domicile) et le SAAD (Service d'Aide À Domicile), et un éventuel portage des repas.
En plus je serais toujours exposée à l'agressivité de mon mari en cas de contrariétés.

Mardi, j'avais rendez-vous avec ma bientôt ex médecin traitant.
Sur le conseil de mon psychologue du CMP, en absence pour cause de congés de ma psychiatre là bas, je devais voir mon médecin pour qu'elle demande mon admission à la Villa Bleue, une clinique psychiatrique où j'aurais pu faire un séjour de repos... et obliger mon mari a accepter une structure spécialisée, même temporairement.

En attendant une place dans ladite clinique, je devais être hospitalisée au CHS local.
Sauf que ce médecin n'a rien fait du tout.
Je reste dans ma merde.

Alors hier soir et une partie de la nuit, j'ai été prise de crises d'hyperphagie et de crises de grattage intenses. Pour la bouffe, ça va. Pour le grattage, j'ai plusieurs zones de forte abrasion très douloureuses, ce matin. Tout contact va être très pénible. Heureusement il me reste des bandes stériles extensibles pour limiter les frottements. Et des pansements.

En tout cas ce matin je vais essayer de voir le seul médecin en qui j'ai vraiment confiance dans la région d'Angoulême, même si elle n'est pas franchement "à coté". Mais au moins je pense pouvoir lui faire confiance. Elle a toujours été à mon écoute...

Sauf que c'est avec son interne, que j'ai rendez vous.
À 15h.

Alors je vais essayer de trouver une autre solution en attendant.

Et faire mon sac.

jeudi 10 mai 2012

68,4 kilos

IMC de 25,1.
Je suis "officiellement" en surpoids.
Énorme déception.
J'étais motivée pour faire du vélo d'appartement ce matin. Une demie heure devant une série TV. De la sueur. Un léger essoufflement. Tout ce qu'il faut.
Et après, motivée pour monter sur la balance, surtout que mon mari était sortit, et que je ne supporte pas qu'il sache quand je me pèse, ni qu'il connaisse mon poids (en même temps, il lit le blog...).
68,4 kilos.
10 kilos de plus qu'il y a 10 ans.
2 kilos de plus que les 66 qui m'ont décidée à tenter mon unique "régime" il y a un an et demi... et là, j'étais descendue à 64,8.
J'en pleurais, tout à l'heure.

Un sujet de plus à aborder avec le psychiatre, cette après midi.

jeudi 19 janvier 2012

"Maigrir c'est dans la tête", partie 3 : La clef du comportement alimentaire

Je continue le feuilleton de mes impressions relatives à ma lecture du livre du Dr Apfeldorfer...

La clef du comportement alimentaire

Le livre propose de tenir un carnet des conduites alimentaires. L'idée me plait beaucoup. Il s'agit de noter fidèlement les conduites, sans chercher à les maîtriser, au contraire de ce que j'avais tenté de faire, voici quelques années. En effet j'avais tenté de maîtriser mon alimentation en notant ce que je mangeais. Le problème c'est que dès que je commettais un écart, j'oubliais de le noter, volontairement ou pas. En fin de compte, noter mes excès avait été trop dur et j'avais laissé tomber. Là dessus, Apfeldorfer est super dans ses explications et je me suis reconnue dans ce qu'il écrit sur la difficulté de tenir un tel carnet.
Oui, on aimerait que nos débordements alimentaires n'aient jamais existé... qu'il est difficile, alors, de leur donner une réalité, au lieu de les oublier purement et simplement. Il parle "d'officialiser chaque prise alimentaire"... heu... Juste pour soi, hein.
Ce carnet n'a pas à être public.
D'ailleurs, si mon mari lit ça, je préfèrerait tant qu'à faire qu'il l'oublie, qu'il n'en fasse jamais mention devant moi, qu'il fasse tout pour considérer que c'est de l'ordre de la plus profonde intimité et que ça me fait suffisamment honte pour que je ne souhaite pas en parler avec lui.
Page 61, d'ailleurs il est écrit "Que se passera-t-il si votre conjoint [...] trouve ce carnet et y découvre vos turpitudes [...]? Ne va-t-il pas [...] vous mépriser au moins autant que vous vous méprisez vous-même [...]".

Le but du carnet est de nous conduire à considérer les débordements alimentaires non comme des fautes, mais comme des problèmes à résoudre. S'en suit des consignes pratiques que je vous épargnerais. Là encore, si ça vous intéresse, il existe des tas de sites qui donnent la marche à suivre.
Il y a même une petite "foire aux questions" relative à ce carnet. L'occasion par exemple de rappeler que le carnet n'a pas une vocation policière, mais bien de diagnostique (repérer et comprendre).

Vient ensuite justement un outil diagnostique. Certes, je n'ai pas tenu un tel carnet depuis des mois, voire des années, mais je commence à bien connaître mes comportements alimentaires.

Je suis une mangeuse binaire. Je mange "normalement" aux repas, en me restreignant (un peu, mais pas trop... surtout aux repas) et je pers le contrôle, en général entre les repas (mais pas que).
Je me suis rendue compte que j'ai des aliments tabous, ce que je n'imaginais pas (la fameuse alliance gras/salé/sucré... mais pas que... et il me reste à en identifier pas mal avec le carnet). Ce n'est pas compliqué, ce sont en général les aliments que je dévore quand je perds le contrôle.
Page 71, Apfeldorfer évoque mon cas de mangeur: "Les individus qui font des boulimies véritables et régulières, mais n'utilisent pas de moyen aussi radical que le vomissement provoqué, la prise de médicaments à hautes doses ou le sport frénétique pour ne pas prendre de poids sont, fort logiquement, fréquemment en surcharge pondérale".
Vous noterez qu'ils sont "fréquemment", mais pas "systématiquement".
Il continue en écrivant "Les psychiatres ont créé pour eux depuis quelques années une nouvelle catégorie, l'hyperphagie boulimique[...]. On considère habituellement  que les troubles psychologiques de ces personnes sont moins intenses, mais de nature semblable à ceux des personnes boulimiques nerveuses".
Bizarrement, ça fait du bien à lire.
Plus loin, il parle aussi de ces personnes qui mangent modérément les "jours ouvrables et qui basculent dans la frénésie alimentaire le weekend", ce qui était justement mon cas quand j'étais interne. C'est aussi ce type de comportements alimentaires que j'ai eu quand j'ai commencé à travailler en intérim : des conduites alimentaires normales durant les missions "longues" (c'est à dire quelques jours) mais une frénésie alimentaire épouvantable après, au moment du contrecoup nerveux.

J'ai aussi des périodes ou j'ai une alimentation non restreinte aux repas (je me ressers etc), avec en plus des pertes de contrôle. Mais en général, je suis plutôt restreinte aux repas, ne serait-ce qu'à cause de ma peur du regard de mon mari, et des autres en général.

Mieux comprendre ce que se restreindre veut dire.

Une sous partie non dénuée de sens... À lire. Je ne peux pas vous la résumer, désolée. J'ai surtout appréciée la partie relative au dialogue intérieur et à l'énergie nerveuse consacrée à lutter contre les tentations, ainsi que l'analyse du développement des tabous alimentaires (lesquels me concernent, alors que je pensais qu'il n'en était rien).
Extrait choisi, illustrant parfaitement la restriction, l'instauration de tabous alimentaires et à quel point les mesures mises en place afin de ne pas manger sont celles-là même qui précipitent la chute :
"Je ne dois pas en manger, comment faire pour ne pas en manger, et pourquoi après tout n'en mangerais-je pas ? et si j'en mangeais ? quand vais-je en manger ?"

Restriction et perte de contrôle : deux états de conscience fondamentalement opposés.

On se rapproche étarangement de mon problème de distorsions cognitive, je trouve. Une alternance entre un hypercontrôle pour maintenir la "norme", le "raisonnable", le "rationnel" et le basculement vers une perte de contrôle, justement, où on plonge dans l'irrationnel.
Malheureusement il semblerait que plus de contrôle aboutisse souvent à plus d'excès. Quelque chose dont je devrais essayer de me souvenir, au delà des mes problèmes alimentaires... sauf que savoir ne résous rien. Je le sais déjà trop bien.
Il paraît qu'il existe des bénéfices à cette alternance... et il s'agit surtout de l'effacement des autres soucis. Mais bon, je ne me sens pas trop concernée : mes problèmes forment un tout. Mon hyperphagie n'efface pas mes problèmes d'anxiété, ils s'y ajoutent. 

Le carnet explorateur.

Il s'agit non seulement de tenir un carnet des prises alimentaires, mais de noter les circonstances de celles-ci, et d'en identifier les causes. De toute façon, je ne pourrais pas tenir un carnet alimentaire sans noter les circonstances... peut être par besoin de me justifier.
L'auteur évoque alors les principaux facteurs déclencheurs des pertes de contrôle... Je retiens ici ceux par lesquels je me sens concernée.

La première par laquelle je me sente concernée, donc, est bien entendu la fringale psychologique, cette faim intolérable qui me tenaille parfois... L'auteur parle du sentiment de vide, d'inexistence douloureuse que ressentent certaines personnes. Manger, explique-t-il, peut procurer la sensation d'exister. Cela peut aussi être une façon de se faire du bien, mais aussi d'obtenir un répit, de cesser de penser à des situations douloureuses ou anxiogènes, de les évacuer même temporairement de son existence. Mais on échange un problème contre un autre : la honte, l'indigestion...

Ensuite je perds le contrôle quand certains aliments que j'aime, mais que je considère comme tabou sont facilement disponibles. Pas seulement dans les placards ou le frigo, mais simplement faciles à se procurer. Au point de ne plus penser à autre chose. Pourtant, ce n'est aps faute de me mettre des bâtons dans les roues, d'éviter d'avoir de l'argent liquide, de ne pas passer devant les magasins ou les rayons-à-la-con... mais comme le précise l'auteur, ces moyens sont peu efficaces (horreur! malheur!). Plus je chasse l'aliment de mon esprit, plus il m'obsède!!!
Quand je craque, j'ai honte, bien sûr.

Par ailleurs, je perds aussi le contrôle quand je subis des contrariétés, quand l'angoisse devient trop forte, que mon anxiété prend le contrôle. Ou quand tous ces problèmes associés me donnent un sentiment de mal-être intérieur trop profond, le sentiment que tout ça ne s'arrêtera jamais, et que, de toute façon, je ne saurais pas vivre autrement, vu que j'ai toujours été comme ça...

En fait, je perds le contrôle sous le coup de toutes les émotions, qu'il s'agisse de joie ou de tristesse. Je mange quand ça va mal. Mais je mange aussi quand ça va bien, parce que je suis fière de moi (réussite à un examen, fin d'une mission d'intérim durant laquelle j'ai su dominer mon angoisse...).

Quand je suis anxieuse, les pertes de contrôle se multiplient. C'est comme ça que j'ai recommencé à avoir des compulsions alimentaires au milieu de ma seconde année de droit, après avoir passée une année sans en ressentir le besoin. Le stress était revenu au galop, la conviction de l'échec. J'avais besoin de manger pour calmer mes angoisses.

Quand je m'ennuie, je mange. Mais quand je suis "plongée dans une activité prenante", j'oublie ma "faim"... comme par exemple là, depuis que j'ai commencé à écrire ce billet, il y a plus de deux heures (déjà?). Mais habituellement, je m'ennuie profondément. Je n'ai guère de "monde extérieur" et mon monde intérieur est déprimant de vide. Manger me remplit de quelque chose. Comme surfer sur Internet, jouer, lire, regarder la TV ou cuisiner.

Une chose en parenthèse : quand je cuisine, que ce soit du salé ou du sucré, je ne grignote pas. Ou très rarement. En fait, d'être plongée dans l'alimentation, dans le but de la partager est très satisfaisant en soi, et je n'éprouve pas ce manque.

Sinon, je perd aussi le contrôle de mon alimentation sous l'effet d'un sentiment d'insatisfaction de moi même. Ce n'est pas un secret sur ce blog, l'image que je me fais de moi même est plutôt douloureuse. Je place généralement la barre trop haut, mais cette conscience étroite n'allège pas le fardeau. Il était facile à une époque de gommer ce sentiment sous des montagnes de sucre (je me suis quand même calmée sur le sucre, grâce à une longue période de restriction totale du saccharose, vers mes 14-15ans).
En outre un important motif d'insatisfaction de moi même est... mon comportement alimentaire (c'est le serpent qui se mord la queue, là). Je mange parce que je suis nulle... je suis nulle donc je mange. Je suis conne, décidément.

Ha! Et puis le truc idiot... je mange aussi par opposition à un tiers. Mon mari, le pauvre. Il sait que j'ai des problèmes. La compulsion est cependant une notion qui lui est (j'en suis ravie pour lui) assez étrangère. Il voudrait m'aider, mais ne sait pas trop comment, et je lui en suis reconnaissante. Malheureusement j'ai terriblement peur de son jugement. Aussi ne puis-je m'empêcher de penser à son jugement face à mes "craquages".
À une époque, je lui avais demandé de m'aider. Je dois dire que ça me semblait une bonne idée, mais assez vite, comme je perdais quand même le contrôle, en cachette, comme depuis mon enfance, je me suis mise à lui en vouloir. D'être au courant de mon problème? De vouloir m'aider? De ne pas pouvoir? je dois dire que je ne sais pas trop.
J'ai commencé à me sentir surveillée (surtout après qu'il m'a fait remarquer que je mangeais certaines choses en douce, toute seule, ce que j'ai vraiment très mal vécu, parce que cette remarque qu'il me faisait sans arrière pensée et sans reproches, je la vivait comme une accusation... distorsion cognitive, ma chère ennemie). Et cette surveillance est devenue un poids, une entrave, contre laquelle j'ai combattu... en prouvant que je n'en avais cure. Donc en continuant à manger. C'est puéril? Peut être. Mais c'était involontaire, et quoi qu'il en soit, ça me fait souffrir d'être comme ça, alors autant ne pas en rajouter.
Je ne veux pas "transformer ce qui devrait rester privé, intime, en une lutte de pouvoir". Surtout si c'est dans ma tête que la bataille se déroule.
 ♦♦♦
En bref, une partie de mon alimentation est prise hors des repas, mais presque toujours de manière anarchique. J'ai des aliments "tabous" et je suis la plupart du temps dans un état de restriction alimentaire, ce dont je n'avais pas conscience avant de lire ce livre. Cette restriction, loin de me permettre de stabiliser mon alimentation, me conduit en général à la surconsommation des aliments tabous (voire des aliments tout court... il m'est déjà arrivé de manger 400gr de poireau cuit histoire d'avaler quelque chose!).

Je contrôle très mal mon alimentation, en mangeant souvent vite, malgré mes efforts, prenant une bouchée, à peine mâchée, avalée, et j'en reprend encore, et encore et encore... surtout lors des crises d'hyperphagie boulimique (mais un peu pendant les repas aussi).

Aux repas, j'ai tendance à trop me servir, pour ne pas faire de restes (alors que dans mon enfance, c'était autorisé... mais on me faisait souvent remarquer que j'avais "les yeux plus gros que le ventre", ce qui m'occasionnait une souffrance que je n'exprimait pas). Cette tendance est devenue moins marquée au restaurant ces dernières années, et c'est heureux.

Cependant c'est surtout en dehors de repas que je perds le contrôle de mon alimentation, en général quand je me sens "vide". Ce problème est récurrent chez moi, et je pense que ce n'est qu'en traitant mes problèmes d'anxiété sociale et de troubles anxieux généralisés que je pourrait le solutionner. Je mange donc en lisant, en étant derrière mon PC, devant la TV, voire en marchant. Il m'est arrivé de craquer lamentablement sur mon lieu de travail devant une tranche de saucisson (oui, une seule, mais c'est déjà du vol).

En dehors des repas mes excès, je consomme à peu près de tout selon les disponibilités et l'intensité de la crise, mais toujours en secret. Il peut s'agir d'aliment prêts à consommer achetés "spécialement en vue d'une perte de contrôle prévisible" (j'aurais été incapable de formuler ça comme ça, sans Apfeldorfer). Il peut s'agir d'aliments que je prépare exprès (c'est plus rare... on se fait plus facilement "choper" si on consacre du temps à préparer des pâtes ou des pommes de terre sautées... ces dernières ayant été ma spécialité à l'adolescence : j'en consommais des quantités folles, généralement la nuit). Il peut aussi s'agir des aliments achetés avec mon mari, pour notre consommation usuelle (biscuits au kilo, pain de mie...). Et pour finir, il peut s'agir de restes, mais c'est bien plus rare, et en général ce sont des légumes et ça ne me pose pas vraiment de problème.

Je perds le contrôle dans diverses situations : quand les aliments que j'aime sont facilement disponibles (y compris en magasin), lorsque je suis contrariée (souvent du fait de mon anxiété), lorsque j'éprouve des émotions débordantes (joie, tristesse, colère...), quand je suis anxieuse ou fatiguée (autant dire quasi tout le temps!), quand je m'ennuie, que je me sens vide, lasse, quand je me révolte contre des contraintes, quand je suis insatisfaite de moi... et malheureusement, parfois dans cette sorte d'opposition malsaine contre un tiers.

Dans le prochain billet, la clef de la modération...

EDIT : j'ai pas tenu 5 jours pour tenir scrupuleusement mon carnet... Et bizarrement ce ne sont pas les prises alimentaires entre les repas, mais celles justement des repas, qui font que je me met à oublier de noter... bizarre... à creuser!

mercredi 18 janvier 2012

Je voudrais tellement maîtriser mes prises alimentaires.

J'ai lu "Maigrir c'est dans la tête", de Gérard Apfeldorfer. Un livre intéressant, mais qui ne me concerne pas tout à fait. Je ne suis pas grosse et je ne cherche pas à maigrir.

Certes, je suis dans la fourchette haute du poids normal pour ma taille, mais il reste que maigrir n'est pas vraiment ma préoccupation principale. Du coup le livre s'adressant aux gros et aux obèses, une partie du discours me passe complètement par dessus la tête.

Finalement, ce livre m'a surtout permis de préciser mon problème d'hyperphagie compulsive, c'est à dire comprendre comment je mange et pourquoi je mange. Là, ce n'est pas compliqué, je mange pour plein de mauvaises raisons, en dehors des repas, et parfois même pour de mauvaises raisons, aux repas.

Mais reprenons un peu le livre, histoire de mettre un peu tout ça au clair...

Introduction :
"Vous qui désirez tant maigrir, vous qui y aspirez depuis si longtemps sans jamais y parvenir, vous qui passez votre temps à perdre et à reprendre du poids, acceptez de regarder la vérité en face : pour devenir mince, perdre des kilos ne suffit pas. [...]"

Quelques mots en trop pour moi dès le début.
En effet, je ne cherche pas à maigrir, ni même à devenir plus mince.
C'est vrai, il y a un an, je le voulais, et j'ai tenté le seul et unique régime de ma vie (mais pas la première période de restriction alimentaire... j'y reviendrais). J'ai tenté LE "Dukan". J'ai a peine perdu et surtout, je n'ai pas tenu. Les compulsions sont revenues au galop. Je n'ai pas perdu de poids. J'en ai un peu repris, mais sans remonter au delà du point de départ, heureusement.
J'ai arrêtés là les bêtises du point de vue de "l'amaigrissement magique" (dixit Apfeldorfer).

Pendant un an, j'ai encore tenté de maîtriser mes prises alimentaires, avec un succès très mitigé, voire inexistant, je dois l'avouer. Dans la honte et la culpabilité, j'ai continué à bouffer, me gaver, me remplir entre les repas, et continué à manger "normalement" au repas, pour ne pas éveiller les soupçons de mon mari.
Pas terrible comme attitude, et en avoir conscience n'arrange rien, bien entendu.

Et puis là, je me suis acheté ce livre.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, le livre s'articule autour des sept "clefs" nécessaires à l'aboutissement du projet de minceur des gros. Oui les gros, car le livre s'intéresse à eux avant tout, qu'ils soient réels ou imaginaires (ces "gros", et souvent ces "grosses" ayant une morphologie normale, un IMC normal, mais qui voudraient être filiformes ou avoir un IMC plancher).

Or je ne me sens pas et je ne suis pas grosse.
Je suis malheureuse dans mes comportements alimentaire, comme je suis malheureuse avec mes troubles anxieux et ma phobie sociale.

Bref, les sept clefs proposées par l'auteur sont celles de :
  • La décision de devenir mince
  • Le comportement alimentaire
  • La modération
  • La nutrition
  • L'existence de soi
  • Le corps
  • La vie
Pour plus de précision, lire le livre ou consulter la multitude de sites qui précisent la méthode. Ici c'est une analyse personnelle de ma lecture du livre, et des conclusions que j'en tire, pour moi même.

Comme dit mon mari, "à chacun sa vérité" et pour trouver la votre, je crains qu'il ne vous faille la chercher vous même.

Mes impressions vont donc suivre l'articulation du livre. Certaines clefs en ont suscité de nombreuses, d'autres aucune ou presque. J'y reviendrais dans de prochains billets.



mercredi 13 avril 2011

Les euros, ça pousse pas sur les arbres

Bien sûr, dit comme ça, c'est une évidence, hein?
Pourquoi prendre la peine d'énoncer cette vérité, alors.
Peut être pour me rappeler à l'ordre.
Je suis très dépensière, et je ne travaille pas (je voudrais travailler, mais c'est très anxiogène et j'ai tendance à adopter des conduites d'évitement, genre "je suis en formation/ en bilan de compétence, etc, donc je cherche pas pour le moment...").
Je vais très peu dans les magasins (uniquement les grandes surfaces, à de très rares exceptions près, et pratiquement jamais dans les boutiques de fringues... la dernière fois que j'ai mis les pieds à H&M, à Angoulême, j'ai frôlée la crise de panique).

J'achète presque tout par CB, souvent sur Internet (des fringues, de la bouffe, des loisirs, des produits culturels...). Et puis de la bouffe, de la bouffe et de la bouffe, dès que j'ai une "crise". J'arrive parfois à maîtriser la nature de l'achat, plus rarement l'achat lui même. C'est comme ça que je dépense 50 euros en une journée, entre des barres chocolatées premier prix, un paquet de farine T80 bio, une robe à Bonprix, un flacon de durcisseur vitaminé pour les ongles...
Les barres chocolatées (450gr quand même), je me les enfile dans la journée, avec quelques tartines beurrées pour faire le compte, le tout bien en douce, avec la honte de moi vrillée au corps et au cœur, le dégout, l'absence de plaisir au delà de la première bouchée. Et puis une demie barquette de baies de Goji, aussi, au passage (50gr... j'aime pas ça, mais faut que j'avale, que je me gave... c'est pas de la boulimie, y paraît, parce que j'ai pas de comportement compensatoire... mais l'hyperphagie compulsive est déjà un comportement compensatoire, faudrait pas en ajouter!!!).
Le paquet de farine, c'est pour faire de la pâtisserie "équilibrée" (ouais... pour compenser les barres chocolatées à la graisse de palme?)...
La robe... heu... les robes, en fait, c'est pour le mariage de ma sœur, qui est un événement hautement anxiogène, comme je l'ai déjà expliqué précédemment...

L'argent pousse pas sur les arbres, et pourtant je passe mon temps à en dépenser, à me jurer que promis, jusqu'à la fin du mois, je me tiens à carreaux, et puis à rechuter...
Peu à peu je dépouille mon Livret A pour réapprovisionner le CCP...
Pour mes anniversaires, Noël, et avec les rares emplois que j'occupe, je réapprovisionne le Livret A.

Je suis vraiment conne.

jeudi 31 mars 2011

Manger, encore manger...

Plus j'essaie de ne pas grignoter, plus je grignote.
Chaque fois je me cache, j'essaye de faire le moins de bruit possible en mangeant.
Et en même temps j'avale des quantités qui me font froid dans le dos.

Ces derniers mois j'ai essayé d'arrêter, de perdre du poids, de redescendre de mes 66 kilos, peut être vers 58 ou 60 kilos. Mais à 63, j'ai dérapé. Je marchais 1 heure par jour, et je m'ennuyais.
Mes pas ont fini par se diriger vers "Grand Frais". Ma carte bleue a commencé à frémir. Au début des légumes, puis des fruits, puis autre chose. Des pois chiches grillés, des baies de goji (je n'aime pas, mais je m'en gave comme si ça pouvait réparer mes erreurs), des grains de café au chocolat (pour mieux résister aux noisettes au choco), et puis ensuite... ensuite j'ai commencé à aller à Carrefour et à Leclerc, certes toujours à pied, 1h30 en tout, mais pour acheter des pâtisseries en promo, ou des barres chocolatées. Et à la maison je me faisais tartine sur tartine, margarine et miel, margarine et chocolat en poudre, crème d'amande à la petite cuillère.

Je ne sais pas ce qu'en dit la balance.
Je ne veux pas savoir.

Les gâteaux et tartines d'aujourd'hui me pèsent sur l'estomac, et plus encore sur le cœur, dans la tête, qui cognent, qui font mal. Je me déteste et pourtant, jour après jour, je recommence.

mercredi 30 mars 2011

Manger...

Dans mon existence il y a deux types de moments pour manger.
Les bons et les mauvais.

Dans ma vie en règle général, les choses sont segmentées en deux catégories: les choses "qui se font" et celles qui "ne se font pas". C'est à dire ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l'est pas, ce qui est normal et ce qui ne l'est pas.
Ce découpage est souvent arbitraire et repose parfois sur un mode de pensée aberrant. En fait tout est question de l'idée que je me fait de ce qui est normal ou pas.

Manger.
Manger est une de mes obsessions de longue date.
Manger pendant les repas, en famille, aux heures des repas, en respectant une certaine mesure, c'est normal, acceptable.
Manger seule, en se cachant, c'est anormal et me procure une grande honte de moi.
Malheureusement, manger seule, en me cachant, c'est tous les jours, sans que j'arrive à me réfréner. Et toujours, toujours, toujours, en me cachant.

Une tartine à la va vite, un gâteau, un bout de fromage, tout, n'importe quoi. En cachette.

J'y passe des fortunes.
J'y passe aussi sans doute une partie de ma santé.

J'ai longtemps parlé de "grignotage", jusqu'à ce que plusieurs médecins me parlent de trouble alimentaire compulsif. Mais... quelque part le grignotage reste plus "socialement acceptable", donc je n'arrive pas à me résoudre tout à fait à accepter de dire que je souffre de TCA.

Je grignote et j'ai honte de moi.